HYACINTHE COLLIN DE VERMONT (1693-1761) /ETUDE DE L’ŒUVRE PEINT/ Y. MALRIN

ETUDE CHRONOLOGIQUE DE L’ŒUVRE PEINT DE
HYACINTHE COLLIN DE VERMONT (1693-1761)
PAR
YVES MALRIN




L’APPRENTISSAGE (1693-1725)
PAR
YVES MALRIN

On possède peu d’informations sur la vie privée de Hyacinthe Collin de Vermont. Seules quelques dates et quelques adresses ponctuent la vie de ce peintre. De ce célibataire (3), on entreverra ses relations avec sa famille, on méconnaitra ses rapports avec ses contemporains, mais par contre on pourra estimer sa fidélité envers ses amis. Le parcours de son œuvre permettra d'appréhender sa personnalité, sa sensibilité et son caractère.

Hyacinthe Collin de Vermont est né à Versailles, le 19 janvier 1693 (4). Son père, Nicolas Collin, est Musicien ordinaire du Roi (5) et non professeur de Mathématiques comme il est parfois mentionné dans certains textes. Ce dernier a pour ami personnel Hyacinthe Rigaud, peintre ordinaire du Roi (6) (7) ; il donne à son fils le prénom de cet illustre artiste et le choisit pour être le parrain de l’enfant (8). La cérémonie du baptême a lieu, le 21 Janvier 1693, en la paroisse de Notre-Dame de Versailles (9).
On ne connait rien de son enfance, mais on peut imaginer comment son intérêt pour la peinture est né. Appartenant à une famille de musiciens et non de peintres (10), Collin de Vermont n’était pas prédestiné aux arts de la peinture, mais davantage à ceux de la musique ; choix vers lequel s’oriente son frère François Collin de Blamont qui fut Surintendant de la Musique du Roi et Maître de Musique de la chambre de Sa Majesté (11). Mais cela était sans compter la présence de son parrain, le peintre Hyacinthe Rigaud. Il dut intéresser son filleul à son art, être le premier à lui mettre les pinceaux entre les mains et deviendra son premier professeur (12). Ce rôle d’initiateur tournera à celui de protecteur et cette sollicitude ne se démentira jamais. Après son passage chez Rigaud, Collin de Vermont fréquente l’atelier de Jean Jouvenet (13). Il a pour compagnon Jean Restout (14) — peintre que l’on retrouvera dans cette étude, car certains tableaux de Collin de Vermont lui ont été attribués dans le passé. Les dates de Collin de Vermont et celles de Jouvenet permettent de situer la période durant laquelle Collin de Vermont est son élève. Jouvenet est mort, en 1717, et on sait que Collin de Vermont né, en 1693, fait le voyage à Rome en 1716 (15). On peut en déduire que Collin de Vermont est chez Jouvenet entre 1706-1707 (années où Restout entra dans cet atelier (16)) et 1716. Jouvenet pendant les dernières années de sa vie consacre une grande partie de son travail à la peinture religieuse (le Repas du Christ chez Simon le pharisien, en 1706 — Musée des Beaux-Arts de Lyon —, la Déposition de croix, en 1708, de l’église Saint-Maclou de Pontoise, deux autres Dépositions de croix, en 1713 et 1714, la première est au Musée des Beaux-Arts de Dijon et la seconde au musée des Augustins de Toulouse, auxquelles son atelier participe et une Visitation de la Vierge, en 1716, peinte pour Notre-Dame), mais aussi à la peinture décorative (les Apôtres dans la coupole basse des Invalides, en 1704, la Pentecôte pour la chapelle de Versailles, en 1709, le Triomphe de la Justice pour le plafond de la II ° chambre des Enquêtes du Parlement de Rouen, en 1713). Tous ces tableaux religieux et ces grands décors, Collin de Vermont les a sûrement vus et y a peut-être participé. On analysera à la fin de cette étude, les influences qu’a pu avoir Jouvenet sur l’œuvre de Collin de Vermont.

Après ses apprentissages chez Rigaud et chez Jouvenet, Collin de Vermont décide de rentrer à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Grâce aux procès verbaux de cette Académie, on peut retracer le parcours de Collin de Vermont dans cette maison, de 1715 à 1761. Agé de 22 ans, le 6 avril 1715, il exécute devant les Académiciens les esquisses, que ceux-ci lui ont demandées. Après examen de ces esquisses, Messieurs les Officiers de l’Académie ont jugé favorablement le travail (17). L’Académie décide que Collin de Vermont et trois de ses camarades : Grandon, Wamps et Boutilliers commenceront un ouvrage sur un sujet donné. Cet ouvrage devra être terminé avant le 10 juin 1715 (18). Son sujet pour participer aux grands prix est : Judith acclamée par le peuple (N° 1) (19). C’est un sujet de la peinture d’histoire ; ce fait est rapporté dans un livre de la Bible qui porte le nom de Judith. Héroïne juive, veuve vertueuse de Manasses, riche citoyen juif habitait Béthulie, lorsque Holopherne, général de Nabuchodonosor, Roi d’Assyrie, vint assiéger cette ville. Judith, pour sauver son pays, alla trouver le général ennemi, sut lui inspirer une vive passion et lorsqu’elle eut été admise dans sa couche elle lui trancha la tête pendant son sommeil. On place cet événement vers l’an 658 av J-C. On n’a ni trace ni commentaire de ce tableau. Le résultat du concours est le seul indice que nous possédons pour émettre un jugement sur cette œuvre : il obtient le second prix avec ce tableau — le premier prix fut attribué à Wamps (20).
Son brevet d’élève à l’Académie de Rome obtenu (21), il est envoyé en Italie, le 24 mars 1716, en compagnie de trois autres élèves : Bonvillers, Raymon et Saussard (22). La correspondance des Directeurs de l’Académie de France à Rome avec les surintendants des Bâtiments nous informe sur son séjour romain. Il arrive à Rome, le 12 mai 1716, après être passé par Marseille et Civita-Vecchia (23). Poerson, le directeur de cette Académie, très content de deux de ses élèves, Collin de Vermont et Bonvillers, notera ces jugements dans sa correspondance avec le Duc d’Antin : — "... Ce sont les deux meilleurs Sujets qui aient ésté à l’Académie depuis Douze ans... » (24) — "...Collin a un goût assez juste, imite bien et pourra acquérir une science solide. » (25) — "... Enfin Monseigneur, je puis assurer votre Grandeur qu’ils font tous leurs devoirs et qu’il serait bien difficile de retrouver de jeunes gens aussy studieux et aussy arrangés qu’ils sont... » (26). Les louanges de Poerson pour Collin de Vermont sont sincères, mais expriment davantage une honnêteté et un sérieux dans le travail que la reconnaissance d’un futur génie.

Le 11 février 1721, notre peintre quitte Rome (27). De cette période on ne possède que les témoignages de Poerson. Il passe par Venise pour rentrer en France (28). On ne détient aucune indication sur son séjour dans la ville des Doges. Les peintres vénitiens qu’il regarde et qu’il apprécie sont peut-être ceux que l’on retrouvera dans son inventaire après décès (29). Collin de Vermont possède un grand nombre de tableaux copiés d’après des peintres vénitiens. Voici les plus importants d’entre eux : — Un petit tableau, toile de 6, bordure dorée, une Vierge et enfant Jésus d’après Véronèse — un tableau à l’huile, toile de 3 livres, bordure dorée, un Saint-Jérôme de l’école vénitienne — un grand tableau, toile sur toile de 6 livres, non bordée, copie d’après Titien — Un tableau moyen, toile sur toile, bordure dorée, tête de vieillard, original Titien — Tableau, toile sur toile de 20, Bacchanales d’après Titien — Tableau non bordé, copié d’après Giorgione, le concert champêtre par Stiemart — Tableau quarré, non bordé, copié d’après Corrège par Vermont la Vierge et l’enfant Jésus — Un grand tableau à huile de 6 pieds de long pour 4 pieds et demi de haut Les pèlerins d’Emaus copié d’après Paul Véronèse par Mr.Stiemart.


Son apprentissage fini, notre peintre, rentré d’Italie, s’inquiète, du silence de l’Académie royale de peinture et de sculpture ; les procès verbaux de cette Académie font l’écho de cette attente. Citons ici le procès verbal de l’Académie du 27 Novembre 1724 : « Le Sieur Hyacinthe Colin de Vermont, peintre né à Versailles, a fait apporter plusieurs tableaux pour supplier l’Académie le vouloir l’admettre dans la Compagnie, laquelle après avoir pris les suffrages par les fèves a agréé sa présentation. Il recevra de Monsieur de Boullongne, Directeur de l’Académie, et fera voir son esquisse dans un mois sur son sujet » (30). Ce texte nous fournit plusieurs renseignements : Collin de Vermont a peint plusieurs tableaux entre 1721, année de son retour en France, et 1724, année de sa demande à être reçu à l’Académie. De ces tableaux nous ne connaissons pas les sujets et ne savons ce qu’ils sont advenus. Leur qualité a dû être bonne puisqu’elle le fait admettre dans la Compagnie. L’exécution de cette esquisse qui représente la Naissance de Bacchus, sujet qui lui a été ordonné par l’Académie, lui vaut d’être agréé à l’Académie. Décision prise, le 3 mars 1725 :" Monsieur Collin a aporté l’esquisse du tableau qui lui a été ordonné pour sa réception, laquelle représente : la Naissance de Bacchus ; l’Académie l’a agréé à la pluralité des voix et lui a donné six mois pour l’exécution du tableau « (31).

COLLIN DE VERMONT PEINTRE D’HISTOIRE SOUS LES DIRECTORATS DU DUC D’ANTIN ET DU CONTRÔLEUR GENERAL ORRY (1725-1745)
PAR
YVES MALRIN

C’est le 29 octobre 1725 que Hyacinthe Collin de Vermont est reçu comme peintre d’histoire par l’Académie Royale de peinture et de sculpture avec le tableau : la Naissance de Bacchus (N° 2) (32). Ce thème de la mythologie où Bacchus orphelin de sa mère est sauvé par Zeus est exécuté par Collin de Vermont de manière très académique. La composition est d’une grande simplicité. Le tableau est construit autour d’un groupe formé par les deux nymphes, Ino et Athamas, et le petit Bacchus. De ce groupe de personnages part une diagonale sur laquelle est placé Mercure, qui fait le lien entre Zeus incarnant le monde céleste et divin, et l’ile de Naxos symbolisant le monde terrien et humain. Tous les regards et tous les gestes des protagonistes vont et conduisent vers le groupe central pour finir par toucher l’enfant qui est le point d’intérêt du tableau à partir duquel rayonnent tous les autres personnages. Collin de Vermont peint ce thème mythologique dans un décor de nature. Arbres et roches apportent à cette action le sentiment du  paisible et du serein de l’enfance que connaîtra le petit Bacchus dans l’île de Naxos.

En 1727, pour la première fois, son nom et son adresse sont mentionnés dans l’Almanach royal (33) ; celui-ci nous apprend qu’il habite chez M. Ollier, Rue du Grenier Saint-Lazare. A. Jal nous précise qu’il y vécut, jusqu’en 1737, pour ensuite déménager, Rue Platrière, paroisse de Saint-Eustache (34). Il ne quittera pas la paroisse de Saint-Eustache et cette fidélité à ce quartier facilite, aujourd’hui, nos recherches.

Deux années après sa réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture, il participe, en 1727, au concours organisé par le Duc d’Antin (35). Le Surintendant des Bâtiments a ouvert un concours parmi les meilleurs peintres de l’Académie. Ce concours, récompensé par des prix, a pour objectif de motiver les peintres et de relever la peinture d’histoire. Onze artistes sont choisis pour y participer : Troy le fils, Charles Coypel, de Favanne, Lemoine, Restout, Noël Coypel, Massé, Courtin, Galloche, Dieu et Collin de Vermont. Les participants ont toute liberté dans le choix du sujet, seules les dimensions de la toile leurs sont imposées : 4,5 Pieds de haut pour 6 Pieds de large.
Collin de Vermont choisit pour sujet : Antiochus amoureux de sa maîtresse (N° 3). Le Mercure de France, de 1727, présente le tableau ainsi : « Antiochus amoureux de sa belle-mère.» « Plutarque, dans la vie de Démétrius. » De M Collin. — « La beauté de Stratonice femme de Séleucus Nicator, Roi de Syrie, & père d’Antiochus, ayant inspiré à ce dernier une violente passion, qu’il ne lui fut pas possible de vaincre, il tomba dans une langueur qui fit craindre pour sa vie ; mais la présence de la Reine, sa belle-mère, qui le vint voir, ayant fait connoitre à Erasistrate, Médecin du Roi, que la maladie de ce Prince étoit causée par son amour pour Stratonice, Séleucus la céda à son fils. « On voit Antiochus à qui Erasistrate tâte le poux, dans le temps que la Reine paroî & ct... » (36). Ces onze tableaux sont exposés dans la Galerie d’Apollon, aux mois de mai et de juin 1727.
C’est la première fois que Collin de Vermont présente un tableau dans une exposition publique organisée par l’Académie. Le contexte, dans lequel Collin de Vermont travaille, vaut d’être analysé. Ce concours, première mesure et premières prémices d’une politique artistique pour le renouveau de la peinture d’histoire, est une chance pour Collin de Vermont. Ce dernier profite, en tant que jeune peintre d’histoire, attaché au souvenir de l’école de Le Brun, par sa formation chez Jouvenet, de cette initiative prise pour rehausser ce genre. Sa chance est de participer à ce concours, deux années seulement, après avoir été reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture. La possibilité d’exposer un tableau dans une exposition publique est aussi une chance pour Collin de Vermont ; on sait combien les Salons et les expositions sont rares, dans le premier tiers du XVIII ° siècle — il y eut des Salons, en 1704, 1725, et 1737 et deux expositions en 1727 et 1736 — c’est pour lui une occasion de se faire connaître, et ceci, toujours, deux années seulement après sa réception. Le Duc d’Antin ne voulant pas assumer la responsabilité du jugement, appelle les Académiciens et le public à juger du mérite des onze artistes. Le premier prix est partagé entre Lemoine et de Troy. Collin de Vermont ne semble ne pas avoir eu beaucoup de succès. Il est difficile d’expliquer cet accueil, étant donné que nous ne connaissons pas cette toile. Le seul témoignage que nous gardons de cette œuvre est une gravure exécutée par Jean-Charles Levasseur (1734-1816), en 1769 (37). Cette gravure nous permet de connaître la composition de ce tableau : Antiochus est allongé sur un lit, il est entouré du médecin Erasistrate qui lui prend le pouls et de Séleucus Nicator, son père, assis auprès de lui ; face à eux se tient, debout, Stratonice ; ce groupe se détache sur un rideau qui coupe la perspective. M. P. Rosenberg, dans un article, de la Revue de l’Art, de 1977, relève la correspondance entre cette composition et celle du tableau de Poussin, la Mort de Germanicus : « Le tableau de Collin de Vermont — l’artiste venait d’être reçu à l’Académie — montre la dette du peintre à l’égard de la Mort de Germanicus. Seleucus Nicator, époux de Stratonice et beau-père d’Antiochus, adopte l’attitude de l’Agrippine de la toile de Poussin » (38). (Seleucus Nicator est le père d’Antiochus et non le beau-père)). Le fait que cette exposition soit un Concours et non un Salon a peut-être influencé Collin de Vermont dans le choix de son sujet et dans la manière dont il le compose. La nature de cette compétition l’a peut-être incité à se référer à Poussin. Il est indéniable que l’on retrouve dans le tableau de Collin de Vermont beaucoup d’éléments de la toile de Poussin : la même disposition en frise des personnages, le rideau qui coupe la perspective, l’ouverture dans une architecture antique qui donne une illusion de profondeur et une reproduction des gestes et des attitudes. Mais malgré tous ces emprunts, il se dégage une monotonie due à l’alignement des têtes et aux  verticales trop prononcées, sentiment accentué par des expressions trop figées. On peut aussi citer pour autre référence la Mort de Méléagre par Charles Le Brun (Musée du Louvre).

De 1727 à 1740, notre peintre est très occupé. Il prépare l’exposition, de 1736 et le Salon de 1737, et il exécute plusieurs tableaux pour des églises parisiennes.

L’exposition, de 1736, où Collin de Vermont expose deux tableaux sur l’histoire de Télémaque (N° 8) et une Descente de croix (N° 7), ne peut être considérée comme un Salon, car elle ouvre le premier samedi de juillet et non le 21 août, jour de la fête du Roi et date officielle de l’ouverture des Salons de l’Académie royale de peinture et de Sculpture. Cette exposition organisée par l’Académie n’est connue que par une description du Mercure de France, de 1736 (39). Les deux tableaux sur l’histoire de Télémaque (N° 8) présentés par Collin de Vermont sont, aujourd’hui, perdus. M. J.-F. Méjanés dans le catalogue des dessins français du XVIII ° siècle de Watteau à Lemoyne émet l’hypothèse que le dessin de Hyacinthe Collin de Vermont : un couple se reposant après la chasse, détenu au Cabinet des Dessins du Louvre pourrait être une étude pour l’un de ces deux tableaux : « Ce couple pourrait être Eucharis et Télémaque à la fin de la chasse durant laquelle cette nymphe de Calypso tenta de séduire le fils d’Ulysse, tandis que Mentor-Minerve construisait le bateau qui devait libérer son protégé de cette séduction (Fénelon, Télémaque, livre VII) (40). Mes recherches ne me permettent pas d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse.

1737, est pour Collin de Vermont une année très importante dans sa carrière. La raison en est la reprise des Salons, décision prise par le nouveau Directeur général des Bâtiments, le Contrôleur général Orry — le dernier Salon a eu lieu, en 1725. Durant ces douze années, Collin de Vermont a beaucoup peint et il profite de cette occasion pour dévoiler son travail. La liste de ses tableaux dans le livret officiel est assez éloquente : -21 tableaux sur l’histoire de Cyrus (N° 6 & 20-18-19), — Une Descente de Croix (N° 9), — un jugement de Salomon (N° 10), — La Maladie d’Antiochus causée par l’amour qu’il portait à Stratonice sa belle-mère (N° 14), — Les Dieux qui coupent les ailes à l’Amour pour l’empêcher de remonter au ciel (N° 12), — Renaud et Armide (N° 17), — Pyrame et Thisbé (N° 16), — Les Adieux d’Hector à Andromaque (N° 15), — Les Noces de Thétis et Pelée ou la discorde jettent entre les divinités une pomme d’or (N° 11) (41) (42).

Pendant les années qui ont précédé, le Salon de 1737, notre peintre travaille à une vaste entreprise : l’histoire de Cyrus. Au Salon de 1737, il y expose vingt-et-une esquisses, d’après le livret de ce Salon et non pas seize comme il sera indiqué dans le livret officiel, du Salon de 1751, année à laquelle il exposera une seconde série sur l’histoire de ce personnage (43). L’étude des esquisses présentées, au Salon de 1737, sera exécutée avec la série, de 1751. Mis à part les esquisses traitant de l’histoire de Cyrus, nous avons, à ce jour, perdu la trace des huit tableaux présentés à ce Salon. Cinq d’entre eux : — les Dieux qui coupent les ailes à l’Amour pour l’empêcher de remonter au ciel, — la Descente de croix, — le Jugement de Salomon, — la Maladie d’Antiochus et — les Noces de Thétis et Pelée sont mentionnées dans l’inventaire après décès du peintre (44). Pour le dernier tableau cité (mais aussi pour les autres), on ne peut pas affirmer qu’il soit celui inscrit dans cet inventaire, étant donné que Collin de Vermont peindra ce même sujet, en 1751 (N° 41). On ne possède aucun commentaire journalistique ou livresque qui pourrait nous renseigner sur le style de ces tableaux et sur l’accueil qu’ils ont reçu. Mais le nombre des œuvres exposées et les sujets choisis peuvent nous éclairer sur l’approche de l’art que Collin de Vermont appréhende pendant cette période où la peinture de genre triomphe et où la peinture d’histoire n’aborde que les sujets plaisants et amoureux. Collin de Vermont ne fait pas exception à cette nouvelle définition du goût. Il présente, mis à part l’histoire de Cyrus, deux sujets religieux (— une Descente de Croix et — un Jugement de Salomon) pour six peintures sur des thèmes mythologiques et poétiques aux sujets amoureux (— Antiochus amoureux de Stratonice inspiré de Plutarque dans la vie de Démétrius, — les Noces de Thétis et Pelée, épisode tiré de Salluste, — Renaud et Armide, héros de la « Jérusalem délivrée » du Tasse, — Pyrame et Thisbé et — les Dieux qui coupent les ailes à l’Amour pour l’empêcher de remonter au ciel, des « Métamorphoses » d’Ovide, — Hector et Andromaque, scène de l’Iliade).

1737, Collin de Vermont déménage. Est-ce le bon accueil et la vente de ces tableaux qui en sont la cause ? De la rue du Grenier Saint-Lazare il part vivre rue Platrière, toujours dans la paroisse de Saint-Eustache ; domicile qui sera le sien jusqu’à la fin de sa vie (45).

Pendant cette décennie, notre peintre s’est fait une certaine renommée à constater le nombre des tableaux commandés par des établissements religieux. L’exposition, de 1736 et le Salon, de 1737, ont dû apporter à notre peintre une certaine notoriété, et ce, en particulier dans sa paroisse ; car pas moins de cinq établissements religieux, dont plusieurs de son quartier, lui passent commande pour des tableaux : — les Capucins du Marais, — les Capucins de la rue Saint-Honoré, — l’Eglise Saint-Merry, — l’Eglise Saint-Jean en Grève et — Sainte Croix de la Bretonnerie (46).
A ce talent reconnu, on peut se permettre d’avancer que les relations de son père, Maître de Musique du Roi — il devait jouir d’une certaine respectabilité dans un quartier où il résida la dernière partie de sa vie (47) — et de son parrain, Hyacinthe Rigaud — il vivait dans les paroisses de Saint-Eustache et de Saint-Roch (48) – ont pu l’aider auprès des Religieux de ces paroisses. A ceci, il faut ajouter sa nomination, le 28 novembre 1733, au poste de Professeur-Adjoint à l’Académie (49). Si on suppose que ces commandes débutent, vers 1730, c’est à l’âge de trente-sept ans que Collin de Vermont commence à peindre des tableaux religieux commandés par et pour des églises.
Pour cette étude, les témoignages recueillis dans les guides descriptifs de Paris de cette époque, ceux de Dezallier d’argenville, de Piganiol de La Force et de Germain Brice nous seront d’une très grande aide (50). Débutons nos recherches par l’église des Capucins du Marais.

De nombreux ouvrages, dont principalement celui de Dezallier d’Argenville, nous informent que cette église possédait huit tableaux sur la vie de la Vierge : — Sa Naissance et son Assomption par Robert, — la Visitation et la Mort de la Vierge par Drandré-Bardon, — son Mariage et le Repos en Egypte par Wamps et — l’Annonciation de la Vierge (N° 4) et — la Présentation au temple ou Purification (N° 5) par Collin de Vermont (51).
La Purification est signée et datée, de 1735. On suppose que l’Annonciation — ni datée ni signée — est contemporaine de cette dernière. Le registre de délibération de cet établissement nous confirme cette supposition : « Le seizième Dbre 1734 l’on posa dans notre église le tableau de l’Annonciation de la Sainte Vierge par Monsieur Collin de Vermont de l’Académie, qu’à fait payer 500 Livres suivant la quittance font qu’il n’en n'ait rien couté au couvent, mais par del secours que quelques amis m’ont donné et quelques religieux... » (52). Cette œuvre peinte avant le 16 Dbre 1734 fut achevée et accrochée avant la Purification de la Vierge, ce confirmé par ce même registre aux années 1735, 1736, 1737 : « Monsieur Collin de Vermont de l’Académie doit poser incessamment le tableau représentant la purification de la Sainte Vierge au Temple qui doit être placé dans le sanctuaire du côté de l’Evangile, il est payé 500 Livres et je n’ay la quittance. » (53) (Dictionnaire des Artistes* mentionne la décoration de la nef des Capucins du Marais). Ces deux tableaux sont aujourd’hui à Lyon : — l’Annonciation de la Vierge à l’église Saint-Just et — la Purification à la cathédrale Saint-Jean (54). Les historiques, encore incertains, de ces deux tableaux ont été en partie élucidés dans la communication au Bulletin de la Société de l’Art français, de l’année 1976, par MM. Antoine Schnapper et Daniel Ternois à propos de la vente de tableaux provenant des églises parisiennes, en 1810. C’est M. Jacques Foucard qui a identifié l’Annonciation d’après un croquis de Saint-Aubin sur lequel sont représentés les huit tableaux des Capucins du Marais sur la vie de la Vierge. A partir de cette découverte, on est certain de la provenance. Reste à connaître le voyage de ces deux toiles de Paris à Lyon. Ces dernières ont dû être retirées de leur lieu pendant la période révolutionnaire. L’Annonciation est mentionnée dans les listes d’Alexandre Lenoir, conservateur du dépôt des Petits-Augustins ; la Purification ne l’est pas, mais beaucoup de tableaux n’ont pas été mentionnés dans les listes. En 1810 a eu lieu une vente de tableaux provenant des églises parisiennes où le cardinal Fesch, Grand Aumônier de France et Archevêque de Lyon, depuis 1802, a acheté pour cette ville un grand nombre de toiles pour rhabiller les murs des établissements religieux dépouillés de leur ornementation. Les deux tableaux des Capucins-du-Marais ont été placés à la cathédrale Saint-Jean, vers 1812. La Purification ne quittera plus ce lieu, tandis que l’Annonciation a été envoyée à l’église Saint-Just, vers 1826, endroit qui est le sien, aujourd’hui.
L’Annonciation (N° 4) de l’église Saint-Just répond à la tradition iconographique de son siècle et du précédent. La composition est traditionnelle : le décor céleste qui se confond à la cellule, les anges et le Saint-Esprit dans la partie supérieure, au sol l’archange Gabriel, un lys à la main, est agenouillé et il montre du doigt le ciel ; la Vierge agenouillée est dans une attitude d’acceptation respectueuse. Ce n’est par la mise en scène de cet événement biblique que Collin de Vermont réussit à exprimer le sentiment religieux du mystère de l’Annonciation, c’est par les effets de lumière. Emanant du Saint-Esprit, la lumière de Dieu n’illumine que la Vierge — Gabriel, envoyé de Dieu, porte sur lui et en lui la lumière divine — laissant dans la pénombre terrestre hommes et objets. Cette lumière est révélatrice du Destin de l’enfant annoncé qu’il sera fils de Dieu parmi les Hommes ; elle est le lien entre le céleste et le terrestre, deux mondes où la Vierge sera reine.
La Purification (N° 5) de la Cathédrale Saint-Jean à Lyon permet au peintre une plus grande liberté pour la composition par le fait du sujet. La composition en frise, rythmée par les neuf figures plaquées sur une architecture antique (un mur, sans ouverture, scandé de pilastres). Cet agencement interdit toute profondeur, seules les dalles du sol allouent de l’espace à cette scène. L’émotion de cet instant est rendue par les expressions et les gestes des personnages. Sentiments qui contrastent avec la froideur du décor architectural auquel il faut aussi opposer les couleurs des étoffes et les plis des draperies.

Après Lyon, Paris. L’église Saint-Merry possède deux tableaux de Collin de Vermont : — une Annonciation (N° 23) et — une déposition de croix (N° 24). On les dates de 1740, année où ils sont exposés au Salon (55). Le livret officiel du Salon, de 1740, et le Mercure de France, de l’année 1740, ne mentionnent que les titres, les formats et les dimensions, mais ils ne font aucun commentaire sur ces deux œuvres ; la préférence fut donnée au tableau Roger et Alcine exposé à ce même Salon (N° 20). Après ce Salon, les deux tableaux ont été accrochés à Saint-Merry pour décorer la chapelle de la Vierge, où ils sont encore, aujourd’hui. Bien que placés dans l’église de Saint-Merry, dés 1740, un certain nombre d’ouvrages mentionnent que ces tableaux furent commandés pour la nef de l’église des Capucins du Marais (56), aujourd’hui, Eglise Saint-François. Il est à noter que les guides descriptifs de Paris (57) de cette époque ne mentionnent jamais dans les descriptions de ces deux établissements religieux ces deux tableaux (58). L’étude des registres des délibérations des Capucins du Marais et de Saint-Merry n’apporte aucun renseignement sur le fait que les tableaux ont été accrochés à Saint-Merry et non aux Capucins des Marais. Les seules informations que l’on possède sont d’ordre bibliographique. Le livre de l’Abbé Baloche sur Saint-Merry (59) est l’ouvrage le plus complet sur l’étude de cette paroisse. Il nous livre des indications très intéressantes et peut être complémentaires. Cet auteur affirme que ces deux tableaux ont été commandés par et pour les Capucins du Marais (60) et il indique aussi dans une note que ces deux tableaux ont été donnés par Collin de Vermont pour décorer la Chapelle de la Vierge de l’église de Saint-Merry (61). Cette décoration de l’église de Saint-Merry, à laquelle participe Collin de Vermont par le don de ses deux toiles, a été exécutée avec l’argent de M.Mettra, curé de Saint-Merry, de 1717 à 1744, et non avec celui de la fabrique ; ceci pourrait expliquer l’absence de trace dans les registres de délibérations de Saint-Merry. S’il y a eu commande par les Capucins du Marais celle-ci a été peut-être annulée et notre peintre a décidé alors de donner son travail à une autre paroisse. Mais il ne faut pas oublier que Collin de Vermont a déjà travaillé pour les Capucins du Marais : une Annonciation et une Purification, vers 1735 — 1738. Etant donné que les deux tableaux de Saint-Merry sont exposés au Salon de 1740, ils ont dû être entrepris, quelques mois auparavant. Les Capucins du Marais auraient donc commandé à trois ou quatre années d’intervalle une seconde Annonciation au même peintre. Y’aurait-il eu confusion de la part de l’inspection des beaux-arts de Paris en 1878 (62) entre les tableaux des Capucins du Marais et ceux de Saint-Merry ? Si je me permets d’avancer cette hypothèse, c’est en raison de plusieurs faits. Premièrement, les dates paraissent bien rapprochées entre les commandes des deux Annonciations faites à notre peintre par les Capucins du Marais. Deuxièmement, le Cabinet des dessins du Louvre possède un dessin préparatoire de l’Annonciation signé Collin de Vermont avec la mention : » A St Médéric » (63). Ceci nous indique donc que Collin de Vermont travaillait pour l’église de Saint-Merry lors de la préparation de son tableau. Troisièmement, il faut rappeler que l’Annonciation de l’église Saint-Just de Lyon fut identifiée par M.Foucard, il y a quelques années seulement, comme l’Annonciation des Capucins du Marais peinte par Collin de Vermont (64). A priori, la confusion entre les tableaux de Saint-Merry et des Capucins du Marais est impossible. Nous avons dans une église : — une Annonciation et — une Purification et dans une autre église : — une Annonciation et — une Déposition de croix, avec des formats différents. Et, nous savons que quand la série de Saint-Merry  a été présentée, au Salon de 1740, l’autre était placée aux Capucins du Marais, depuis 1735 — 1738. Seul un document dans les archives de ces deux églises pourrait élucider ce problème.
Il est temps d’en venir aux œuvres. On peut les voir, aujourd’hui, dans la chapelle de la Vierge, comme elles étaient placées, en 1740. Ce sont deux grandes toiles, l’une en face de l’autre dans des cadres Louis XV.
Commençons par l’Annonciation (N° 23). L’archange Gabriel, assis sur un nuage, une fleur de lys à la main droite tandis que de sa main gauche il montre la colombe du Saint-Esprit, apparait à la Vierge qui interrompue dans sa prière se retourne vers le messager céleste. Il ne reste que le prie-Dieu de la Vierge pour élément terrestre, tout le reste de la toile est envahi d’un décor céleste formé de nombreux nuages. Cette œuvre est différente de celle des Capucins du Marais par son format tout en hauteur et par son décor très dépouillé. La cellule a totalement disparu et la scène est réduite à l’ange Gabriel, à la Vierge et au Saint-Esprit ; seuls deux anges dans le haut du tableau assistent à la révélation de la naissance du Sauveur. Aucun détail, aucun personnage, ne distrait l’œil du spectateur, le peintre est allé à l’essentiel : l’Annonciation. Toujours par rapport aux Capucins des Marais, la Vierge est, ici, à la droite de l’ange et tourne la tête vers la gauche. Les gestes et les attitudes sont différents : la Vierge et Gabriel sont plus nobles beaucoup moins « familiers » qu’aux Capucins du Marais ; le côté chaleureux a disparu, il n’y a plus que le message. La froideur du tableau de Saint-Merry est aussi accentuée par les tons des couleurs, qui, aujourd’hui, sont beaucoup passés. La Vierge dans ses couleurs habituelles de bleu et de rouge, l’ange habillé d’une tunique bleue, surmontée d’une draperie jaunâtre, sont placés dans un décor céleste tirant sur le jaune orangé. La seule différence qu’il existe entre le tableau et le dessin préparatoire, que possède le Cabinet des dessins du Louvre, c’est la présence d’une corbeille, en bas à gauche, sur le dessin et qui a disparu dans le tableau. L’ensemble est, aujourd’hui, un peu morose. Si la mise en scène est différente entre l’Annonciation de Saint-Merry et celle des Capucins du Marais, on retrouve dans ces deux tableaux une similitude dans la manière de traiter les visages. Les deux visages des deux Vierges répondent à une même plastique : le nez et l’arcade sont prononcés, l’œil grand, la bouche petite et les cheveux sont tirés en arrière. On retrouve ces mêmes caractères physiques pour le visage de l’ange Gabriel  dans les deux tableaux.
En face de l’Annonciation, la Déposition de croix ou Piéta (N° 24). Le format et le cadre sont identiques. Le sujet est tragique ; le dépouillement de la composition y convient. Deux figures : La Vierge et son fils Jésus Christ. Ils sont au centre du tableau. La Vierge assise, dans une attitude de dignité et de résignation, meurtrie par la douleur, tient dans sa main droite la tête de son fils, mort, assis à ses pieds et qui repose sur ses jambes. On ressent toute la lourdeur du poids du corps du Christ par l’inclinaison de sa tête, de son buste et par l’abandon de ses quatre membres qui portent les stigmates. Tout est figé : le Christ sur son étoffe, la Vierge dans sa robe grise et son manteau bleu, la croix et l’échelle au fond du tableau, le vase et autres objets sur le devant, seule une draperie accrochée à la croix apporte un souffle de vie par son mouvement. L’ensemble est peint dans les tons bleus et bruns. Collin de Vermont réussit à transmettre ce moment d’intense émotion et de recueillement qu’éprouve la Vierge à la suite de la descente de la croix de son fils. Etant donné que Collin de Vermont a reçu la commande de ces deux tableaux et qu’ils étaient destinés à être accrochés l’un en face de l’autre ou l’un à côté de l’autre on saisit beaucoup mieux pourquoi l’Annonciation a été composée dans un style si dépouillé. C’est l’annonce de l’enfant Jésus, mais aussi la préfiguration de son destin. Joie et inquiétude sont représentées dans ces deux œuvres.

Reste les tableaux commandés par — l’église de Saint-Jean en Grève, — les Capucins du Palais Royal et — le couvent de Sainte-Croix de la Bretonnerie. Tous ces tableaux sont, aujourd’hui, perdus. L’église de Saint-Jean en Grève fut agrandie et restaurée, en 1724 et en 1733, par l’architecte François Blondel né à Rouen, en 1683 (65). Les cinq tableaux de Collin de Vermont sur la Vie de Saint-Jean-Baptiste : — la Naissance de Saint-Jean (N° 59), — le Baptême de notre seigneur (N° 60), — la Prison du Saint (N° 61), — sa Mort (N° 62) et sa — Tête présentée à Hérode (N° 63), ont été placés dans les boiseries du chœur dessinées par Blondel (66). Les peintures de Noël-Nicolas Coypel et de Dumesnil participaient à la décoration de ce chœur. Peintures exécutées probablement peu après 1733. De ces 5 peintures, aujourd’hui, disparues, peut-être détruites avec l’église, de 1797 à 1800, par Petit-Pradel, le Cabinet des dessins du Louvre possède trois dessins : — la Naissance de Saint-Jean (N° 99) (67), — le Baptême du Christ (N° 100) (68) et — le Martyre de Saint-Jean (N° 101) (69). Ces dessins au crayon noir ou à la plume, lavés de bistre et rehaussés de gouache nous révèlent le format « en écoinçon » qu’imposaient les boiseries de Blondel aux toiles de Collin de Vermont. Ils nous permettent de nous faire une idée des trois compositions adoptées par Collin de Vermont, de pouvoir juger de l’adaptation des scènes au format en « écoinçon » et de l’utilisation de l’espace.
Pour la naissance de Saint-Jean-Baptiste, le groupe d’Elizabeth et de son fils Saint-Jean-Baptiste est placé au centre ; les femmes qui lavent l’enfant sont à gauche et plus haut à gauche une femme fait sécher un linge devant une cheminée. L’espace est bien utilisé et la profondeur bien rendue. Le dessin est construit sur deux diagonales : la première formée des têtes de la servante qui lave l’enfant et d’Elizabeth prolongée par le dos d’une autre femme en haut à droite ; la seconde part d’Elizabeth passe par la servante qui porte le plateau et se termine en haut à gauche, à l’endroit où la vieille femme sèche le linge.
Format identique pour le Baptême du Christ. Le Christ légèrement décentré sur la droite reçoit, en s’inclinant, l’eau que saint Jean, à gauche, lui verse sur la tête. En haut, au centre, le Saint-Esprit. A droite, dans les airs un ange porte le manteau du Christ.
Pour le Martyre de Saint-Jean, Collin de Vermont centre et compartimente sa composition sur le segment le plus étroit de la largeur de l’écoinçon dans sa partie inférieure. Saint-Jean, agenouillé, le dos courbé, occupe la partie basse de l’écoinçon. Deux figures, dont celle du  bourreau, à sa droite, encadrent le Saint. Par leur position, ils créent deux axes verticaux à l’intérieur desquels se déroule l’action. Collin de Vermont a réussi exploiter toute la hauteur de l’espace qui lui a été confiée et par la proximité des protagonistes et leur agencement sur la hauteur de l’écoinçon. Il a su rendre la gravité de cet instant.
Malheureusement, pour les deux derniers tableaux de cette église : — la Prison du Saint et — la présentation de sa tête à Hérode, je n’ai trouvé aucun document qui pourrait nous aider à connaître les compositions. Pour ce dernier tableau, je rapporte, ici, à titre indicatif les commentaires de Louis Brochard, qui à mon avis sont loin d’être fondés. Dans son étude sur Saint-Gervais il tente un rapprochement entre un des tableaux de cette église : la décollation de Saint-Jean-Baptiste, et la toile de Collin de Vermont : « Chapelle de Bréguy et de Saint-Europe, a décollation de Saint-Jean Baptiste, toile, hauteur 1,50, largeur 2 mètres. Attribuée sans preuve ni vraisemblance à Robusti Jacopo dit le Tintoret. « Ce tableau entra à Saint-Gervais en 1828 ainsi qu’en fait foi le registre des délibérations : « Le comte de Chabrol (alors Préfet de la Seine) a fait don à l’église d’un tableau représentant la décollation de Saint-Jean Baptiste, anciennement placé dans l’église Saint-Jean en Grève, en échange de celui de la Présentation au Temple qui était dans la chapelle Sainte-Europe...” “Or, Piganiol de la Force signale dans l’église de Saint-Jean en Grève une série de sept tableaux ayant trait à l’histoire du précurseur, parmi lesquels la Mort de Saint-Jean-Baptiste par Collin de Vermont.”(70). Il est étonnant que L.Brochard, qui rapporte les dimensions de ce tableau ne fasse aucune allusion au format qui on sait pour Saint-Jean en Grève était en “écoinçon”.
Aucune description bibliographique de la Manne (N° 64), tableau placé dans le vestibule de la chapelle de la Communion de l’église Saint-Jean en Grève (71) et présenté au Salon de 1738 (72), n’existe. Cette chapelle fut exécutée, en 1733, sur les dessins de François Blondel par les soins et aux frais de Monsieur Feu Félix Hainault curé de cette paroisse. Le tableau de Collin de Vermont était dans la chapelle des fonds face au tableau de Lamy : — la Piscine (73). Il en est de même pour le Moïse serrant la Manne dans l’Arche (N° 21), tableau placé dans la sacristie de l’église des Capucins du Palais Royal (74). Idem pour le tableau, un Saint-Jean et une Madeleine (N° 65), peint pour le réfectoire du couvent de Sainte Croix de la Bretonnerie (75). Aucune description ne nous est parvenue et aucun document dans les registres de délibérations de ces deux établissements religieux ne nous renseigne sur les dates des commandes, sur les dates des accrochages et sur les prix payés au peintre. On sait seulement que ces tableaux étaient accrochés aux murs des églises, avant 1749, date à laquelle fut édité le guide de Dezallier d’Argenville : “Voyage pittoresque de Paris ; ou indication de ce qu’il y a de plus beau dans cette grande Ville en Peinture, Sculpture & Architecture”.

Que peut-on penser de la peinture religieuse de Collin de Vermont ? Seuls quatre tableaux restent visibles. Ceux des Capucins du Marais, aujourd’hui, à Lyon, et ceux de Saint-Merry, à Paris. Outre, qu’ils reflètent la peinture religieuse de Collin de Vermont durant cette période, ce sont les seuls témoins de son œuvre pour les années 1740, sans oublier les esquisses et les dessins. A travers eux, on peut déjà cerner le style de Collin de Vermont, ses qualités et ses défauts. Les compositions sont traditionnelles. Il est vrai que les sujets traités n’autorisent guère de liberté au peintre. On constate pour la Présentation au Temple, peinte pour les Capucins du Marais, en 1735, que Collin de Vermont reste encore très attaché au style de Jouvenet par l’agencement de sa composition où les registres sont nettement séparés entre le céleste et le terrestre. Agencement qu’il n’utilisera plus pour la Présentation au temple de l’église Saint-Merry, cinq années plus tard. Il est à noter aussi que l’on retrouve souvent les mêmes expressions dans toutes ses figures, mais ceci est dû aux similitudes dans les visages. Les années 1735-1740 ont été la période des commandes religieuses dans l’œuvre de Collin de Vermont. Si par la suite il fait des tableaux destinés aux églises ce sera par le biais de commandes émanant de la Surintendance des Bâtiments du Roi et non plus d’établissements religieux. Si le nombre de tableaux commandés par des religieux est important pendant cette période par rapport à la suite de sa carrière c’est vraisemblablement dû à un problème économique. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine époque rocaille, où la peinture de genre connait la faveur du public au détriment de la peinture d’histoire où seuls les thèmes plaisants avaient encore un relatif succès. Comme l’écrit Locquin dans son livre : “La peinture d’histoire en France de 1747 à 1785” c’était : “La victoire du ‘joli’ contre le ‘beau’, de la ‘petite manière’ contre le ‘grand goût’ (76). Si le public boudait la peinture d’histoire, les seuls commanditaires à donner du travail aux peintres d’histoire étaient la Direction générale des Bâtiments du Roi et les établissements religieux. Pendant cette période de 1730 à 1745, dernière année où le Contrôleur général Orry était à la direction des Bâtiments, les finances du royaume au service des Arts ne permettaient pas d’offrir aux peintres académiciens de grands projets à exécuter. Epoque difficile pour la peinture d’histoire qui obligeait les peintres d’histoire à se tourner vers d’autres commanditaires que les bâtiments du Roi. Les établissements religieux par leurs commandes ont permis la survie de la peinture d’histoire. Le premier soin du Surintendant des Bâtiments du Roi, en 1736, a été de rétablir l’école des Gobelins, à la tête de laquelle il mit le peintre Clerc et fit exécuter de nouveaux modèles par De Troy, Restout, Coypel, Natoire, Van Loo et Collin de Vermont.

Collin de Vermont ne reçut qu’une commande des Bâtiments du Roi : Roger et Alcine (N° 22), tableau peint pour le Roi pour être exécuté en tapisserie aux Gobelins (77). Collin de Vermont tire son sujet du Roland furieux de l’Arioste, il peint l’épisode où Roger, après avoir été délivré par Bradamante du château du magicien Atlante, se fait emmener et déposer par l’hippogriffe dans l’ile enchantée d’Alcine, fée qui métamorphose les hommes, selon ses caprices, en plantes, fontaines ou rochers. Voici la description du tableau faite, en 1740, dans le livret officiel du Salon et aussi dans le Mercure de France de l’année 1740 : ‘Un grand tableau en largeur de 14 pieds pour 11 de haut, représentant l’arrivée de Roger Prince africain dans l’ile de l’enchanteresse Alcine, qui descend de son palais pour venir au-devant de lui accompagnée de ses femmes et de plusieurs amours, dont les uns s’emparent de ses armes et les autres s’empressent de l’enchainer avec des guirlandes de fleurs.’ (78). Collin de Vermont recut la somme de 2000 Livres pour ce travail :”... Le paiement est en date du 20 Juillet 1740 : Au sieur Collin de Vermont, peintre, 2000 livres pour son payement d’un grand tableau, qu’il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins, représentant l’arrivée de Roger dans l’isle d’Alcine, pendant la présente année » (79). Le tableau est bien composé. Sur un même plan, nous avons l’hippogriffe maintenu par une femme puis Roger marchant vers le palais d’Alcine et enfin Alcine, entourée de femmes — on remarquera que l’on retrouve, encore une fois, la disposition des personnages en frise créant une isocéphalie. Un arbre à gauche, qui ferme la composition, symbolise l’impossibilité de la fuite tandis que les regards des femmes attirent Roger vers le palais. Invité par le geste d’accueil d’Alcine, il marche vers son destin. Les femmes ont une allure gracieuse, mais il est dommage qu’elles aient toutes les mêmes physionomies et les mêmes expressions ; leur groupe semble quelque peu figé. Les amours, par leurs occupations et leurs actions, animent et donnent du mouvement à cette composition. Ce tableau qui est, aujourd’hui, au Musée de Peinture et de Sculpture de Grenoble, envoyé de Paris en 1873, n’aura pas été exécuté en tapisserie (80).

Terminons cette période par l’étude de cinq tableaux. Deux, en 1742 ; deux, en 1743 ; et un, en 1745. Les tableaux de 1742, sont, aujourd’hui, au Musée des Beaux-Arts de Rouen : ce sont — l’Eté (N° 25) et — l’Automne (N° 26). Chaque saison est représentée par une figure féminine. Ils sont signés et datés. D’un format identique, ils sont pendant l’un de l’autre. On peut se demander si Collin de Vermont a peint le cycle complet des quatre saisons ou seulement les deux que possède le Musée des Beaux-Arts de Rouen ?
Collin de Vermont expose au Salon de 1743, un tableau ayant pour thème l’Assomption de la Vierge (N° 23). L’indication du livret officiel se résume à ceci : « Un tableau en hauteur de 7 pieds de haut et de 5,5 de large, une Assomption de la Vierge » (81). C’est le seul et unique témoignage de l’existence de cette toile. On ne trouve aucune trace de cette œuvre après ce Salon jusqu’à nos jours. N’apparaissant pas dans l’inventaire après décès du peintre, cette Assomption a dû être vendue ou donnée à un particulier ou un établissement. Son sort sera peut-être un jour connu !

Le Salon de 1745, est le dernier que visitera le contrôleur général Orry. Tournehem lui succédant au mois de décembre de la même année. A ce Salon, Collin  de Vermont présente un sujet tiré de Quinte Curce : — Alexandre et Roxane (N° 29), tableau d’environ quatre pieds. Encore une fois, l’épisode traité par le peintre est rapporté dans le livret officiel du Salon : « Orxiates, Satrape de Darius, ayant invité Alexandre à un festin, auquel il avoir fait venir Roxanne sa fille, avec quelques compagnes, ce Prince en devint amoureux ; et sans s’arrêter à la disproportion des conditions, l’épouse sur le champ, ordonnant que l’on apporte du pain et que l’on coupoit en deux, suivant la coutume des Macédoniens, et dont les nouveaux mariéz prenoient chacun un morceau. Les convivez, les uns par flatterie applaudissent à sa passion, les autres cachent moins leur mécontentement de voir leur roy dans une débauche prendre pour son beau-père un de ses esclaves ; & Orxiates ravi d’un bonheur si inespéré en excite la conclusion de tout son pouvoir » (82).

En 1745, Collin de Vermont a 52 ans. Je devrais plus tôt écrire, déjà 52 ans. Cette année 1745, année où la Direction générale des Bâtiments change de directeur, est une date charnière dans la carrière de notre peintre comme elle l’est pour la peinture d’histoire en France. Comme nous l’avons étudié précédemment, pendant ces dix dernières années, Collin de Vermont a davantage travaillé pour des établissements religieux que pour les Bâtiments du Roi (une dizaine de tableaux pour les églises et un seul pour le Roi : — Roger et Alcine). Pendant cette période, quel a été son rôle dans son Académie royale de peinture et de sculpture ? Les procès verbaux nous informent sur sa présence aux séances et sur sa disponibilité à remplacer ses collègues (il remplacera Boucher, Lemoyne et de Troy (83)). Ils nous apprennent aussi sa nomination au titre de professeur, le 2 juillet 1740 (84). On a l’impression que jusqu’en 1745, Collin de Vermont vivait de sa peinture, mais qu’il n’était pas encore reconnu par ses pairs. Il est vrai comme je l’ai déjà mentionné, que le contexte économique ne permet pas aux Bâtiments du Roi de faire travailler les peintres d’histoire à beaucoup de projets. L’arrivée de Lenormant de Tournehem à la direction des Bâtiments du Roi, en 1745, favorisera la reprise de la peinture d’histoire. Et, Collin de Vermont profitera des nouvelles mesures et participera au renouveau de ce genre. Si on schématisait la vie de Collin de Vermont, on pourrait écrire qu’à 52 ans il laisse une vie artistique consacrée aux commandes des établissements religieux derrière lui pour en débuter une nouvelle au service des Bâtiments du Roi. Un personnage important pour la vie affective et pour la carrière de Collin de Vermont disparait pendant cette première période : Hyacinthe Rigaud, son parrain, meurt, en 1743. Collin de Vermont est parmi les exécuteurs testamentaires. Voici ce que relève C. Colombier dans son étude sur Hyacinthe Rigaud : « Hyacinthe Colin de Vermont : Peintre, filleul de Rigaud et fils de son ami Colin, ancien musicien du Roi ; ayant beaucoup d’affection pour lui, Rigaud lui donne tout d’abord les portraits de ses oncles et de son père et toutes ses estampes (t3) ; puis “toutes les figures de plâtre tirées d’après l’antique ou d’autres auteurs” (t4), » toutes les esquisses et études concernant les portraits » (t5) et après la mort de Ranc, « tous les dessins des différents maîtres » et de Rigaud lui-même, « tous les tableaux.... qui ne font point partie de son cabinet » avec... » toutes les... choses concernant l’art du Sieur testamenteur « (t6) ; enfin tous les livres (sauf ceux traitant de la musique) (t8) et une tabatière en or offerte par le Prince de Rohan et “ornée d’ornements bizarres” (t9) (t1,t2,t3,t4,t5,t6,t7,t8,t9 = les numéros des différents testaments) (85). Il “laisse” derrière lui et malgré lui, un homme qui l’a formé, un homme chez qui il fut élève, un homme qui l’a soutenu dans son art, un homme qui a dû lui faciliter son entrée à l’Académie, un homme qui a dû compter dans son avancement dans cette institution, un homme qui devait être son conseiller enfin un homme pour qui il avait de l’amitié et de l’estime. Après le décès de Rigaud, il publiera un “Essay sur la vie et les ouvrages de Monsieur Rigaud” qui paraitra dans le Mercure de France, au mois de novembre 1744 (86). Il aborde cette nouvelle période avec de l’argent, il constitue des rentes (87) ; à partir de 1741 puis en 1742, 1743, 1744 et 1745 ; il a reçu plusieurs héritages (88) dont le plus important est celui de Rigaud ; le nombre de tableaux légués sera autant d’exemples auprès desquels il pourra s’inspirer pour ses futures œuvres.

COLLIN DE VERMONT SOUS LES DIRECTORATS DE LENORMANT DE TOURNEHEM ET DU MARQUIS DE MARIGNY (1745-1761)
PAR
YVES MALRIN

Décembre 1745, Lenormant de Tournehem remplace le Contrôleur général Orry à la Direction générale des Bâtiments du Roi. On peut citer, ici, en guise d’introduction à ce chapitre, le jugement de Locquin sur cette période : "L’époque de Louis XIV et la régence lèguent, en 1747, à Lenormant de Tournehem une dizaine de Peintres d’Histoire, survivants des grands ateliers de Charles de la Fosse, Jean Jouvenet, Antoine Coypel, François de Troy et qui forment la transition entre l’Ecole de Le Brun et celle de François Lemoyne. Il est intéressant de rappeler leurs noms ici, puisqu’ils représentent, dans l’évolution du genre historique, une époque de goût plus grave et de style plus élevé que l’"Ecole de Lemoyne", et que le seul souvenir du temps de leur jeunesse les prédispose à accueillir avec sympathie le mouvement de réaction qui se dessine, en 1747, contre la "petite manière". Je cite les peintres présentés par locquin : " — Cazes (1654 -1754), — H de Favannes (1668-1752), — Galloche (1670-1761), — Silvestre (1675-1760), — DeTroy (1679-1752), — Parrocel (1688-1752), — Restout (1692-1768), — Collin de Vermont (1693-1761)" (89). Avec l’arrivée de cet ancien fermier général, la peinture d’histoire va connaître un renouveau ; politique qui sera poursuivie, en 1751, par son successeur : Marigny. Cette volonté de retrouver le climat artistique, qu’avaient su insuffler Colbert et Le Brun, sera exprimée par les efforts entrepris par Lenormant de Tournehem et Marigny pour relever la peinture d’histoire.

Je ne ferai pas, ici, l’étude du renouveau de la peinture d’histoire en France, mais je citerai les mesures prises qui seront profitables à notre peintre et qui expliquent l’évolution de sa carrière. En 1747, Tournehem organise un concours pour stimuler les peintres d’histoire ; Collin de Vermont y participe avec son Pyhrhus enfant reconnu par Glaucias (N°31) (90). En 1748, Tournehem et Coypel — nommé premier peintre du Roi le 20 janvier 1747 — instituent un Jury d’admission au Salon officiel du Louvre pour obliger les peintres à soigner leur production. Collin de Vermont fait partie de ce Jury (91). Le budget de l’Académie est en hausse. Collin de Vermont, comme les autres peintres d’histoire profitent de ce relèvement (92). Marigny poursuivra cette politique : il aura cette phrase : "Je crois Messieurs qu’en vous assurant que je ne m’écarterai point des principes de M.de Tournehem c’est vous prouver combien je songe aux avantages de l’Académie "(93). Lepicié remplace Coypel, en 1752. Il encourage la peinture d’histoire et rend justice aux autres genres que sont le portrait, le paysage et la peinture de genre. Collin de Vermont exécute son portrait, en 1751 (N°40) (94). Les faveurs du Directeur des Bâtiments pour les ateliers, les logements, les pensions ou les titres honorifiques sont attribués de préférence aux peintres d’histoire. En 1752, Marigny se fait présenter par Lépicié un état des artistes pensionnés du Roi. A la liste des neuf peintres, Marigny et Lépicié décident d’en ajouter d’autres. En tête de sa liste, Lépicié avait placé Collin de Vermont (95) (96). Collin de Vermont a demandé, dés 1747, l’obtention d’une pension. Voici la lettre écrite à Lenormant de Tournehem, le 27 novembre 1747 : "Monsieur. "Les asseurances pleines de bonne volonté que vous avez bien voulu me donner de vous ressouvenir de moi, à la première occasion m’autorisent aujourd’hui à avoir l’honneur de vous représenter que Mr Lemoyne, sculpteur, se trouvait dangereusement malade est dans un âge extrêmement avancé la pension qu’il a (si l’on venait à le perdre) se trouverait vacante et je l’espère d’autant plus que votre justice que je suis le seul de tous les professeurs tant peintres et sculpteurs qui n’ai point eu de parts aux dernières distributions si on excepte Mr Jeurat qui n’y pense point parce qu’il sait que je suis son ancien de plusieurs années. Si les actitudes à remplir mon devoir (blanc) à fortifier ma demande je puis me flatter de témoignages de toute l’Académie sur ce point ayant servi longtemps comme le plus ancien adjoint a manqué (blanc) d’autres dans les professeurs que j’ai (blanc) avec depuis nombre d’années sans interruption d’un seul jour. Cercle ardens que nous (blanc) Monsieurs d’illustrer pas que vous répondre sur l’Académie et cette affabilité qui vous distingue de tous vos prédécesseurs font violence à ma timidité philosophie et me donne lieu d’espérer que ce sera sous votre heureux gouvernement que j’aurai obtenu la première grâce que je n’ai jamais demandée. "Depuis que je suis dans l’Académie c’est dans cette attente que j’ai l’honneur de vous très respectueusement. Votre humble et très obéissant serviteur. Collin de Vermont " (97). Pour les pensions de l’année 1755, Collin de Vermont recevra, en 1756 : 500 Livres (98).
Cochin succède à Lépicié, en 1755, il décide de relever les prix de la peinture d’histoire par rapport aux autres genres. La peinture d’histoire sera payée à raison de 900 livres la toise carrée décision prise pour favoriser les grands morceaux (99). Collin de Vermont exécute une grande toile : La Présentation de la Vierge au temple, en 1755 (N°54).
Par toutes ces mesures que je viens d’énumérer, on prend conscience des efforts entrepris par la Direction des Bâtiments pour redonner à la peinture d’histoire sa première place dans la hiérarchie des genres.

Examinons, maintenant, l’application de ces mesures dans l’œuvre de notre peintre, entre 1745 et 1761 (année de sa mort).
Au Salon de 1746, Collin de Vermont présente deux tableaux : — Auguste et Cléopâtre (N°29) et — Auguste au milieu des Beaux-Arts (N°30) (100) ; deux sujets de l’histoire ancienne puisés dans les auteurs latins. Malheureusement, on ne peut pas les analyser par cause de perte de ces deux œuvres. La présentation de ces deux toiles est tout de même possible grâce au récit et au jugement de Lafont de Saint-Yenne que je me dois de rapporter, ici : "Deux tableaux du Sieur Collin de Vermont ont arrêtés agréablement les ïeux des spectateurs. Le premier est tout prés de l’escalier. Son sujet est une allégorie prise dans l’Histoire, et des mieux pensée. Auguste, cet Empereur romain, dont l’amour pour les grands génies et les beaux-Arts a plus immortalisé le règne que ses actions les plus héroïques, paroit dans un lieu décoré où il vient se délasser du fardeau de l’Empire, et gouter le plus noble loisir des Héros. Tous les arts l’environnent. La peinture doit y tenir le premier rang, est plus près de sa personne, et lui offre un tableau représentant le sacrifice d’Iphigénie. La sculpture à côté d’elle tient le modèle d’une statuë. L’Histoire s’y fait connoître par sa trompette et couronne de Laurier. La Musique, la Géographie, l’Architecture forment des groupes d’une belle ordonnance. L’auteur aurait pu varier davantage leurs habillemens trop maniérés, la plupart de leurs draperies étant nouées sur une épaule et l’autre découverte. Cet habile Peintre a depuis long-temps les Suffrages du Public pour les tableaux d’histoire"...."Les éloges du public ne se sont pas bornés dans celui d’Auguste à la beauté de l’ordonnance ; il a senti tout l’ingénieux de l’Allégorie qui a déguisé les traits de Louis. XV. dont la protection qu’il accorde aux beaux-Arts fait le sujet du tableau."...."C’est donc le règne de Louis XV qui est désigné" par Auguste."...."L’autre tableau du même auteur est à l’extrémité de la même face et sur la même ligne. C’est Cléopâtre suppliante aux genoux d’Auguste devenu son maître par la défaite d’Antoine. N’aïant plus d’espérance qu’en sa beauté ni de ressource qu’en la clémence du héros, elle parait à ses ïeux dans un profond abaissement où elle emploïe tous l’artifice de ses charmes et de ses pleurs pour l’émouvoir. C’est ce moment que le Peintre a choisi pour le sujet dans son tableau."..."Cette figure est si remarquable par son expression et par la belle lumière qui lui est répandüe, qu’elle rend celle d’Auguste peu intéressante."..."Il y a bien des beautés dans le tableau de Cléopâtre du Sieur de Vermont. La variété et le choix des attitudes, l’expression des caractères des femmes de cette Princesse, et ceux des officiers de la suite d’Auguste, l’accord des teintes vagues des figures placées dans le fond avec les plus vigoureuses du devant de la scène, forment un bel ensemble et d’une heureuse harmonie. Mais comme il est de beautés exemptes totalement de défauts, celui que l’on y a remarqué et le seul considérable, c’est que la Reine d’Egypte et l’Empereur Romain n’y sont point assez caractérisés pour être reconnus sans le secours du Livre imprimé qui en explique le sujet. Cette obscurité naît du défaut d’attributs qui leur soient propres, soit dans les habillements, le Héros n’étant point vêtu à la Romaine, ni l’Egyptienne en Africaine, soit par le lieu de la scène qui n’est nullement Historique..."(101).

Pour inciter et encourager les peintres à peindre des tableaux d’histoire, Lenormant de Tournehem institue, en 1747, sur le modèle, de 1727, un concours entre dix des officiers de l’Académie. Charles Coypel en désignera onze pour ce premier concours (102). En guise de présentation de ces onze académiciens je citerai le jugement de l’abbé Leblanc sur l’exposition, de 1747, présenté dans la correspondance de Grimm : "Le Roi pour embellir sa maison de Choisy a ordonné onze tableaux d’histoire aux meilleurs peintres de son royaume. Chaque artiste a été maître de choisir son sujet et on lui a payé son travail d’une bourse de jetons ou d’une médaille d’une valeur de 200 livres à son choix. Voici le jugement de l’abbé Leblanc : Restout : Alexandre qui après avoir bu le breuvage qui lui avait été préparé par Philippe son médecin lui donne à lire la lettre dans laquelle on lui marque que son médecin voulait l’empoisonner. Très beau par l’ensemble. Manque de la noblesse au personnage principal. Van Loo : Silène nourricier et compagnon de Bacchus. Coloris parfait à un temps où cette peinture est négligée en France. Dumont : Mutius Scaevola qui se brûle le poing pour avoir tué le secrétaire de Pansenna au lieu de Porsenna. Figures bien disposées pas de confusion. Le Roi porte un diadème sur la tête, on ne peut se tromper. Boucher : Jupiter changé en taureau portant sur son dos Europe qu’il enlève par surprise. Gracieux et volupté de la composition, les coloris ne sont pas beaux et le rose domine de trop. Natoire : tiré d’Anacréon tête de Bacchus. Perspective aérienne parfaite. Les figures ont une âme infinie. La terrasse est trop grise et nue. Pierre : Armide qui voyant l’armée des Sarazins défaite, craignant de tomber entre les mains de Renaud, s’éloigne et tire de son carquois une flèche pour se tuer. Renaud survient et l’arrête. Expressions des visages pas assez pathétiques et vraies. Armide manque de grâce, Renaud de noblesse. Coloris maniéré. Jeurat : Diogène qui voyant un jeune garçon boire dans sa main brise sa tasse comme lui devenant inutile. Bien pour placer l’action à Athènes ; pas assez de force et de chaleur dans cet ouvrage. Collin : Pyrrhus dérobé à la fureur des meurtriers de son père et embrassant les genoux du Roi d’Esclavonie auquel on l’amène d’un air aussi suppliant que s’il était en âge de raison. Ce tableau ne fait pas l’impression qu’une action aussi intéressante devrait produire naturellement et les figures y sont trop multipliées. Clerc : Moïse sauvé des eaux. Figures bien dessinées, mais toutes la même physionomie. Coloris pas heureux. Galoche et Cazes : pas fini. 1 à 9 exposés au Louvre "(103). A cette présentation de l’abbé Leblanc, il faut ajouter que les sujets de Galloche et de Cazes furent respectivement : Coriolan et l’Enlèvement d’Europe. A ceci, il faut préciser que Collin de Vermont et les dix autres académiciens ont reçu de Lenormant de Tournehem "un portefeuille de maroquin bleu fermé d’une fleur de lys d’or avec une ordonnance de 1500 francs"  en plus de la bourse de 100 jetons et de la médaille d’or (104).

Intéressons-nous au tableau de Collin de Vermont, Pyhrrus enfant reconnu par le Roi Glaucias (N°31). Le tableau mesure 1 m,65 de haut. sur 1 m,94 de large La composition est conventionnelle pour ce sujet tiré de Plutarque. Dans une architecture antique, rappelant l’époque historique à laquelle cet évènement se rapporte, un groupe de personnages placé en demi-cercle autour du groupe principal, formé du Roi Glaucias et du petit Pyrrhus, ferme la composition sur la droite, sur le derrière et sur la gauche, créant une large ouverture sur le devant du tableau provoquant un espace sans obstacle jusqu’au lieu où se déroule l’imploration. Si par sa composition Collin de Vermont réussit à privilégier l’instant le plus décisif de cet épisode, il y parvient aussi par la répartition des coloris. L’ordonnance se fait autour de la robe jaune du Roi Glaucias, masse de lumière au centre du tableau qui illumine l’enfant nu, laissant dans la pénombre les autres témoins, qui par leurs attitudes et par leurs gestes participent à cette imploration ; elle isole les deux principaux protagonistes des autres personnages et établit entre eux une attention respective. Elle révèle l’importance du discours tenu par le petit Pyrrhus au Roi Glaucias. Ce tableau a été gravé par Jean-Charles Levasseur (1734-1816) sous le nom : Glaucias, Roi d’Illyrie, prend Pyhrrus sous sa protection. Il est mentionné dans le catalogue raisonné de ce graveur que le tableau original peint par Collin de Vermont était dans le Cabinet du Roi (105). Ce tableau exposé, au Salon de 1747, ainsi que ceux des dix autres participants au concours, n’a reçu qu’une approbation feutrée. Le résultat attendu par Lenormant de Tournehem ne dut pas le satisfaire totalement, car il n’a pas renouvelé ce genre de concours.

Les seules informations connues, pour l’année 1748, sont au nombre de trois et elles nous renseignent dans deux domaines. Diverses sources : le livret officiel du Salon de 1748 (106) et les archives de la maison du Roi (107) nous apprennent que Collin de Vermont a peint une Education de la Vierge (N°32) qu’il expose, au Salon de 1748. Tableau commandé par Lenormant de Tournehem pour l’Oratoire de Madame à Fontainebleau. On trouve la trace du paiement dans les archives de la Maison du Roi. Ce tableau a été payé, le 9 février 1749, 800 Livres. Voici comment il est présenté dans ces archives : "Ce mémoire a été présenté à Monsieur de Tournehem le 9 janvier 1747 et réglé à 800 Livres, payé en entier le 9 février 1749. "Mémoire pour l’Oratoire de Madame à Fontainebleau fait par ordre de Monsieur Tournehem Directeur et Ordonnateur général des Bâtiments, Jardins, et Manufactures de Sa Majesté par Collin de Vermont. " "Ce tableau a cinq pieds de haut sur quatre de large." "Il est composé de 3 figures représentant l’éducation de la Vierge par Sainte Anne et Saint Joachim" (108). Ce sont là les seules informations que nous possédons sur ce tableau. Messelet in L. Dimier affirme qu’il est perdu (109). Les recherches que j’ai effectuées ne m’ont pas permis d’ajouter de nouveaux renseignements à ceux déjà connus.
Le second domaine dans lequel nous avons des informations, pour l’année 1748, concerne la place de notre peintre dans l’Académie. Les procès verbaux de l’Académie nous révèlent que Collin de Vermont a été choisi pour examiner les tableaux au Salon (110). Il faut replacer ce choix dans le contexte artistique de l’époque. Le Jury d’admission au Salon officiel du Louvre était formé pour la majorité par des peintres d’histoire.   Collin de Vermont est un peintre d’histoire, sa production est dans la lignée de celle de l’école de Le Brun, et ce en pleine époque rocaille où comme nous l’avons déjà écrit le petit genre était ascendant sur la grande peinture d’histoire. Lenormant de Tournehem a par ce choix inscrit la volonté qui était la sienne c’est-à-dire revaloriser la peinture d’histoire en contrôlant les sujets présentés au Salon. Pour cette tâche il savait qu’il pouvait avoir confiance en Collin de Vermont.
Une autre marque extérieure est attribuée à Collin de Vermont par l’Académie, et ce toujours, en 1748, l’exécution de son portrait par le peintre Loir pour son morceau de réception à l’Académie. Décision prise, le 2 avril 1748 (111). Loir ne pourra exécuter ce travail pour cause de départ en Angleterre, alors l’Académie chargera, le 28 juillet 1753, le peintre suédois, Roslin, lui aussi pour sa réception, de peindre le portrait de Collin de Vermont (112). Ce tableau, aujourd’hui, au Musée national du Château de Versailles, a été présenté, le 10 novembre 1753, à l’Académie (113). Ce portrait, pour qui s’intéresse à Collin de Vermont a une valeur "sentimentale". Il est toujours émouvant de découvrir le visage d’une personne sur laquelle nos recherches nous ont amenés à poser notre attention, notre intérêt et notre curiosité. Cette huile sur toile représente le peintre à l’âge de 60 ans. Il est représenté, debout, de trois quarts, devant son chevalet, en train de dessiner. Le peintre, pour cette occasion, pose : "perruqué", habillé de ses beaux habits, les crayons à la main, il regarde son portraitiste. Les traits de son visage sont réguliers, mais assez sévères : le nez fin, la bouche fine, les joues un peu creuses et les yeux bruns. La perruque, les vêtements et ce visage quelque peu sévère donnent à cet artiste une certaine fierté et noblesse. Le graveur Manuel-Salvador Carmona a présenté pour sa réception à l’Académie, le 3 octobre 1761, l’estampe gravée d’après ce portrait (114). Estampe conservée, elle aussi, au Musée national du Château de Versailles.

La politique de revalorisation de la grande peinture entreprise par Lenormant de Tournehem, politique de subsides et de commandes en faveur des peintres d’histoire, sentira les résultats bénéfiques de ces faits vers 1750 et 1751. Le goût se transforme ; non pas que la peinture dite de "petite manière" disparaisse en ce milieu de siècle, elle sera encore très présente, jusqu’en 1760, mais l’intérêt pour la peinture d’histoire se fait grandissant. Les fouilles archéologiques de Herculanum et de Pompéi et la découverte de Paestum, entre 1750 et 1760, vont susciter un vif enthousiasme et un vif intérêt chez les amateurs d’art. Intérêt repris par les intellectuels. Critiques d’art, écrivains, moralistes militent, dans leurs écrits, pour un retour au "Grand goût". Lafont de Saint Yenne, Caylus, l’Abbé Leblanc et Diderot sont de ceux qui œuvrent dans ce sens. Si l’impulsion créée par les Bâtiments du Roi, par les intellectuels et par les amateurs d’art et d’archéologie, pour un relèvement de la peinture d’histoire, a pu et a su se concrétiser, c’est grâce à la continuité de direction entre Lenormant de Tournehem et le Marquis de Marigny à la tête des Bâtiments du Roi. En 1751, Le Marquis de Marigny remplace son oncle décédé. Continuité d’une politique artistique pour une rupture du goût.

La dernière commande que reçut Collin de Vermont de Lenormant de Tournehem, en 1750, a été quatre tableaux, dessus de porte, pour le Château de Trianon (115). Quatre sujets tirés des Métamorphoses d’Ovide : — Jupiter et Mercure chez Philémon et Baucis (N°35), et — le Rajeunissement d’Iolas par Hébé (N°36) sont exposés, au Salon de 1750 (116). L’année suivante ont été exposés, au Salon : — Bacchus change en feuilles de vigne les ouvrages des Minéïdes (N°37) et — une Danse de nymphes qui changent un berger insolent en olivier sauvage (N°38) (117). Pour quels lieux du Château de Trianon étaient destinés ces quatre tableaux ? Engerand dans son ouvrage nous apporte quelques indications : "Ce ne fut qu’en 1750 que le Roi commença à retourner dans cette résidence ; alors on y fit construire le Pavillon français, avec les quatre cabinets de salle à manger d’été. Ce fut probablement une de ces pièces que Collin de Vermont eut à décorer" (118). Renseignement contredit par un récapitulatif des mémoires des différents tableaux commandés à Collin de Vermont par la Direction des  Bâtiments du Roi qui nous informe du lieu pour lequel ont été commandés les quatre tableaux nommés ci-dessus : ce décor fut exécuté pour la Chambre du Roi à Trianon (119) (120). Ces quatre dessus de portes qui décorent la salle de porcelaines dans les appartements de Louis XV viennent d’être restaurés ; travail qui nous permet d’apprécier, à juste titre, les coloris de ces quatre tableaux et de juger du talent de notre peintre dans ce domaine. A la différence des précédents tableaux où les années ont terni les couleurs, on peut admirer, ici, les effets luministes et les coloris clairs, davantage inspirés de la peinture vénitienne du XVI ° siècle que de la peinture flamande du XVII ° siècle. Atouts décoratifs qui contribuent au sentiment de fraicheur et de bonheur que dispensent ces quatre toiles. Ces quatre tableaux sont représentatifs de la peinture décorative de cette époque où l’intérêt pour les détails de l’action et pour les passions tombe au profit de l’anecdote décorative et où les rapports entre les objets et les couleurs sont privilégiés. Malgré les qualités décoratives, convenablement maîtrisées par Collin de Vermont et l’adhésion à un style qui refuse le côté dramatique des sujets, on perçoit toujours dans ces quatre tableaux le rattachement aux normes du "Grand Siècle" : les compositions sont toujours empreintes d’une grande rigueur et les attitudes et les expressions des personnages refusent toute fantaisie. On trouve chez Collin de Vermont, comme chez beaucoup de peintres de sa génération, un compromis entre le "grand goût" pour la manière de composer et la" petite manière" pour le coloris. Ces quatre tableaux lui ont rapporté 2400 livres. Deux versements de 1200 livres lui ont été versés : le premier, le 22 mai 1752 et le second, le 28 aout 1752 (121).

Il faut revenir à l’année 1750, avant d’aller plus loin dans l’étude chronologique de l’œuvre de notre peintre. Au Salon de 1750, aux côtés des deux dessus de porte pour le Château de Trianon, sont exposées deux autres toiles : — Anacréon et l’Amour (N°34) et — une Visitation (N°33) (122). Une nouvelle fois, les renseignements sur ces deux œuvres sont presque inexistants. Le livret du Salon, de 1750, nous informe que Sainte Elizabeth dans le tableau la Visitation est un portrait. C’est la seule indication que nous ayons de ce tableau disparu, aujourd’hui.

Le Salon de 1751, outre les deux dessus de porte pour le Château de Trianon dont nous avons déjà rendu compte, est très intéressant et très important à deux titres différents.
Le premier est la présentation de la suite des esquisses sur l’histoire de Cyrus  exposée au Salon, de 1737. Cette longue et grande entreprise marquera l’œuvre de Collin de Vermont. Dans l’histoire de l’art que cela soit de son vivant, ou à travers sa fortune critique, les esquisses sur l’histoire de Cyrus seront toujours associées au nom du peintre. Elles seront son passeport pour l’histoire de l’art et éviteront que son nom tombe dans l’anonymat. Cette reconnaissance impose une étude approfondie et détaillée de ces esquisses et par conséquent l’historique de celles-ci sera présenté exceptionnellement dans ce chapitre, en plus du catalogue raisonné. Pour cette recherche, je me référerai très souvent à l’article de Mlle Gendre, Conservateur du Musée Lambinet de Versailles (123). Article qui propose les informations les plus complètes sur ce sujet.
En premier lieu, attachons-nous à déterminer le nombre de ces esquisses. Les livrets des Salons, de 1737 et 1751, et plusieurs ouvrages et catalogues de vente divergent sur ce point.
Pour ce, commençons cette recherche par l’étude des livrets des Salons, de 1737 et de 1751. Au Salon de 1737, Collin de Vermont a présenté vingt et une esquisses ; chiffre établi d’après le compte rendu détaillé du nombre des sujets présentés (124). Ces sujets, sans aucune autre information, étaient annoncés soit à l’unité :" Un sujet sur l’histoire de Cyrus", soit groupés par deux ou quatre : "Quatre sujets de la suite de l’histoire de Cyrus". Décompte que l’on peut considérer comme sérieux si l’on en juge par le soin dont cette suite a été comptabilisée. Chiffre qui ne sera pas remis en cause, pour ma part, et que je conserverai pour la suite de la démonstration. On peut ajouter pour étayer cette donnée que c’est la première fois que cette série sur l’histoire de Cyrus est présentée ; élément qui aura son importance, lors du Salon de 1751. "L’histoire de Cyrus a été composée par l’auteur en trente-trois tableaux. En 1737, il en peint seize au Salon, mais sans explication & sans suite." Cette année, on a cru devoir en donner une de dix-sept Tableaux nouveaux qu’on expose, laquelle en ajoutant à celle-ci quatre des anciens formâts, comme un Abrégé complet de la Vie de ce Prince". Ces vingt un Tableaux sont sous le même numéro (125). Voici comment est présentée la suite des esquisses sur l’histoire de Cyrus au Salon, de 1751.
Après la lecture de cette présentation, on comprend tout de suite que le litige sur le nombre total des esquisses nait du chiffre seize annoncé par le livret du Salon, de 1751, comme le nombre de tableaux présentés, en 1737. Si l’on admet que vingt et une esquisses ont été exposées, en 1737, les deux séries totaliseraient trente-huit tableaux ; par contre si seize seulement ont été présentées, toujours en 1737, le nombre total serait de trente-trois. Trente-trois est le chiffre total de ces deux séries qui est cité au Salon, de 1751 et c’est aussi le nombre des tableaux sur l’histoire de Cyrus, que l’on dénombrera dans l’inventaire après décès de Collin de Vermont : "Trente-trois petits tableaux sous le même numéro, toile de 8, tous bordés de petites bordures dorées, suite complète de l’histoire de Cyrus, originaux de M. De Vermont" (126). Le Mercure de France, du mois d’octobre 1751 (127), cite cinquante-deux morceaux ; le Comte de Caylus aussi (128), mais dans une note il rectifiera, d’après le livret de 1751, et s’accordera à l’existence des trente-trois morceaux (129). Si l’on prend les chiffres des livrets, de 1737 et de 1751, les deux séries sur l’histoire de Cyrus totalisent à elles deux : trente-huit tableaux, l’excédent de cinq tableaux peut s’expliquer de trois façons différentes.
La première, une erreur sur le chiffre seize. Le rédacteur du livret du Salon, de 1751, a peut-être commis une erreur involontaire ; sachant que le nombre total des esquisses sur l’histoire de Cyrus était de trente-trois et qu’il était en présence de dix-sept nouvelles, il a pu en déduire que seize avaient été exposées, en 1737.
La deuxième, est celle que suggère Mlle Gendre dans son article : "Il devait y avoir des tableaux comptés comme "nouveaux" qui avaient été exposés au Salon précédent, car nous en dénombrerions au total trente-huit esquisses" (130).
Troisièmement, ce litige sur le nombre d’esquisses présentées, au Salon de 1737, peut venir aussi de l’artiste. On a déjà remarqué qu’il lui arrivait de présenter le même tableau à plusieurs Salons : Antiochus amoureux de sa maîtresse a été présenté, en 1727 et en 1737. Si Vingt et un est le nombre exact des tableaux présentés, en 1737, parmi les dix-sept "nouvelles", seules douze le sont vraiment et cinq devaient être des "anciennes", auxquelles il faut ajouter les quatre qualifiées d’anciennes présentées sous le même numéro.
En résumé et en conclusion à cette démonstration, on peut répartir le nombre de ces esquisses à vingt et une au Salon de 1737 et douze "nouvelles" et neuf "anciennes" au Salon de 1751, donc un total de trente-trois esquisses.

Cette mise en place du nombre des esquisses nous amène à poursuivre l’historique de ces trente-trois tableaux. Les trente-trois tableaux sont restés chez le peintre jusqu’à sa mort. Pour la suite de cet historique, je citerai les informations qu’a publiées Mlle Gendre dans son article *(Revue du Louvre, 1983) qui sont très précises et auxquelles je n’ai rien trouvé de nouveau à ajouter dans mes recherches à travers l’étude des catalogues de vente.
"Elles furent vendues (mention de trente-deux esquisses et non plus de trente-trois), lors de la vente du Comte de Quincey, à Paris, le 22 juin 1904, avec une attribution à Le Brun. Dans la préface de ce catalogue, L. Roger-Miles nous apprend que les œuvres, entre temps, étaient passées, en 1817, dans la collection du troisième fils du prince Charles-François Lebrun, Duc de Plaisance, lors de son mariage avec Mlle Cardon. Cette collection passa ensuite par l’héritage à sa fille, qui avait épousé le comte Daru, fils ainé du ministre de Napoléon Ier. Ces trente-deux esquisses se retrouvent alors mentionnées dans le catalogue de vente anonyme, de 1925, mais cette fois, elles sont données à Collin de Vermont. C’est à cette date qu’elles sont dispersées, témoignant d’un changement de goût et du peu d’intérêt des collectionneurs pour la peinture d’histoire".
Il est intéressant de revenir sur cet historique et d’étudier les différents documents qui le tracent et principalement le catalogue de la vente Quincey. L. Roger-Miles, dans la préface du catalogue de la vente, du 22 juin 1904, nous précise que ces trente-deux esquisses peuvent être de la main de Le Brun. Information que l’on sait fausse, aujourd’hui, et que L. Roger-Miles aurait pu ne pas commettre en se référant aux différents ouvrages du XVIII ° siècle tel que le "Dictionnaire des artistes" par Fontenay, paru, en 1776, ou au livre de Pahin de la Blancherie :" Essai d’un tableau historique des peintres de l’école française depuis Jean Cousin en 1500 jusqu’en 1783 inclusivement.", mais fallait-il qu’il sache que Collin de Vermont en fut l’auteur. Il est par contre, instructif de savoir que ces tableaux ont été attribués à Le Brun au XIX ° siècle. Cela prouve, pour qui ne connait pas l’auteur de ces esquisses, combien le style de ces trente-deux morceaux s’apparente au climat artistique de la fin du  XVII ° siècle, mais surtout à Le Brun. Il est d’autant plus intéressant de mettre en corrélation cette dichotomie quand on sait que cette histoire de Cyrus a été composée en pleine période rocaille. Collin de Vermont s’est profondément inspiré de l’œuvre de Le Brun pour son histoire de Cyrus. Comme il l’avait déjà fait pour son tableau : Antiochus amoureux de sa maîtresse (N°3) en s’inspirant de la Mort de Méléagre de Le Brun. Cette attribution à Le Brun incite L. Roger-Miles à écrire : "Si l’on songe d’autre part à la puissance créatrice de Le Brun, l’un des plus grands peintres de l’école française du XVII ° siècle, celui qui eut la gloire d’imposer un style à son siècle, un style si parfaitement d’accord avec les désidératas de l’autorité monarchique d’alors, on doit comprendre avec quelle verve Le Brun sut exécuter ces compositions où il se plaisait sous le masque de l’héroïque figure antique à exalter un prince qu’il avait suffisamment comblé de bienfaits, pour qu’il fût excusable de donner à la flatterie un parfum de la gratitude ". Commentaire qui perd sa valeur pour Collin de Vermont. Sa situation n’a rien de comparable avec celle de Le Brun et ses relations avec Louis XV sont inexistantes. Mais, en deçà des rapports privilégiés qui peuvent s’instaurer entre un souverain et un peintre, il y a le respect. Sentiment que Collin de Vermont a peut-être voulu exprimer au Protecteur des Arts par le choix de l’histoire de Cyrus. Sentiment qu’il avait déjà traité dans son tableau : Auguste au milieu des Beaux-Arts en 1746 (N°30). Cyrus est un héros de l’antiquité. La vie de ce prince perse est mentionnée dans l’Ancien Testament, mais elle est aussi rapportée par plusieurs auteurs grecs et romains, tels que Xénophon, Hérodote et Quinte Curce (131). Ces textes, utilisés par Collin de Vermont, ont d’importantes divergences sur le déroulement de la vie de Cyrus, mais il est toujours présenté comme un prince courageux et loyal ; il sait se battre et il n’a pas peur d’affronter la mort lors des combats guerriers tout en rendant les honneurs aux vaincus et tout en sachant être loyal et tolérant avec les peuples. On se doit, ici, de résumer en quelques lignes la vie de cet illustre conquérant en faisant part des contradictions de ces ouvrages littéraires. Exercice qui permettra, par la suite, de citer les thèmes choisis par Collin de Vermont pour illustrer la vie de ce prince et par delà ces choix littéraires.

Cyrus, fils de Cambyses Prince des Perses et de Mandane fille de Astyage Roi des Médes, naquit vers -599. Deux récits s’opposent à propos de l’enfance de Cyrus (132). Selon Xénophon, Cyrus fut élevé avec le plus grand soin par son grand-père Astyages. D’après Hérodote, Astyages fit un songe dans lequel il lui semblait voir sa fille, Mandane, accoucher d’une vigne qui portait ombre à toute l’Asie. Expliquant ce songe, les oracles prédirent qu’il serait détrôné par son petit fils. Astyage décida après la naissance de Cyrus de confier l’enfant à un seigneur mède, Harpage, pour que celui-ci emmène l’enfant et le tue. Mais, Harpage ne put exécuter cet acte et laissa cette horrible mission à un berger. Ce berger porta l’enfant chez lui et décida de l’échanger avec l’enfant mort que sa femme venait de mettre au monde. Il déposa son propre enfant sur les montagnes à la merci des bêtes féroces comme le lui avait ordonné Harpage pour Cyrus. Lors d’un jeu, le jeune Cyrus, fils du berger, fit fouetter le fils d’Artambares, seigneur mède. Celui-ci rapporta l’événement à la cour. Astyages convoqua le berger et son fils. Etonné de la fierté de cet enfant, il fait une relation entre cet enfant et l’enfant de Mandane qu’il avait fait disparaître. Sous ses questions et ses menaces, le berger et Harpage avouent la duperie. Astyages suivant les conseils des oracles, décide de laisser la vie à Cyrus. Fâché de cette trahison, Astyages élabore un plan pour se venger d'Harpage. Astyages invite Harpage et son fils à un repas au palais pour fêter le retour de Cyrus. Mais, suivant les ordres du Roi, Harpage s’y rend seul. Son fils capturé par des gardes du Roi est découpé en morceaux et transformé en un mets. Ce plat sera servi à Harpage, à qui sera apporté à la fin du repas la tête, les pieds et les mains de son fils. Quand Cyrus eut atteint l’âge de vingt ans, Harpage lui écrivit pour l’instruire de la cruauté de son grand-père et lui proposa de mettre à sa disposition une partie de l’armée. Le comportement d’Astyages avait créé une hostilité entre lui et l’élite mède à la tête de laquelle était Harpage. La tension fut exploitée par Cyrus qui provoqua une révolte chez les Perses. Le conflit entre Cyrus et Astiages dura trois ans, de -553 à -550 av J.C.. Grâce à la trahison d'Harpage, Cyrus remporta la victoire. Le prince achéménide fit Astyages prisonnier et le traita humainement. Cyrus s’empara de la capitale Ecbatane et se déclara Roi des Mèdes. Il prit le titre de Roi des Perses et Roi des Mèdes. Vers -546 av J.C., il se heurte à Crésus Roi de Lydie qu’il renversa à Sardes lors d’un siège de seize jours. Il fit preuve d’une grande clémence envers Crésus. Après ses victoires sur ces deux Rois, il marcha vers Babylone pour renverser cette ville. Entre temps, Evilmerodack qui régnait sur cet empire fut vaincu par Balthazar. Ce dernier s’empara de ce lieu, mais aussi de la première beauté d’Orient : Penthée, épouse d’Abradate, Roi de la Susiance et allié de Babylone. Cyrus, dans sa marche vers Babylone, fut rejoint par Gobrias, qui irrité de la cruauté de Balthazar, lui remit ses Etats, sa capitale son palais et lui présenta sa fille. Penthée de son côté, marquée du respect qu’elle avait reçu de Cyrus, incita son mari, Abradate, à se battre aux côtés de Cyrus. Le jour de cette grande bataille entre les deux empires, Penthée arma le char de son mari et lui rappela les obligations qu’il avait envers Cyrus. Le combat fut mortel pour Abradate, et faillit l’être aussi pour le Roi des Perses et des Mèdes. Un soldat ayant transpercé le cheval de Cyrus, celui-ci tomba au milieu des autres combattants, mais réussit à remonter sur un cheval d’un de ses gardes et sortit victorieux du combat. Rentrant au camp, il s’inquiéta du sort de son compagnon, Abradate, c’est alors qu’on l’informa de sa mort et qu’on lui dit que sa femme était occupée à ses funérailles sur les bords du Pactole. Penthée ne put survivre à cette mort et se tua sur le corps de son mari. Cependant, Babylone se croyait imprenable. Cyrus décida de creuser des tranchées entre cette ville et l’Euphrate. La nuit, où pendant la fête de Bacchus, Balthazar profanait les vases sacrés, apparut sur les murs la main fatale écrivant sa condamnation en ces mots : MANE, THECEL, PHARES. Seul Daniel put traduire ces trois mots et annonça à Balthazar qu’il perdrait son royaume cette nuit même. Comme si Cyrus avait eu le signal de Dieu, il fit dégorger l’Euphrate dans ses tranchées et entra avec Darius dans Babylone. Maître de l’empire babylonien, Cyrus rendit aux Juifs leur liberté. Après ce combat, il se montra à ses sujets dans toute sa splendeur et rentra en Médie. Là, Darius lui fit mettre sur la tête une couronne d’or par les mains de sa fille, Mandane, et la lui donna en mariage avec la Médie pour dot. Avant de répondre, Cyrus rentra chez lui pour avoir l’agrément de son père, Cambyses, et de sa mère Mandane. Ses parents ne s’opposant pas au mariage, il célébra son mariage avec la fille de Darius. Mais poussé par l’envie de conquérir d’autres peuples il fit semblant de vouloir épouser la Reine des Massagètes, il pénétra dans ses Etats, le mariage ne se faisant point, Cyrus refusa de se retirer. Une bataille s’engagea puis une seconde, la dernière pour Cyrus. Thomyris saisit la tête de Cyrus et la lui plongea dans un vase plein de sang et lui dit :" Rassasie-toi du sang dont tu as été si altéré. Deux cent ans après, Alexandre surpris de l’absence de richesses dans le tombeau de Cyrus, y fit déposer une couronne d’or.

Collin de Vermont tire trente-trois esquisses de la vie de Cyrus. Le catalogue de Vente, de 1925, où trente-deux de ces esquisses étaient présentées, et ce pour la dernière fois avant d’être éparpillées, nous livre la liste de ces trente-deux morceaux présentés lors de cette vente :
— Isaïe prophétise la naissance de Cyrus.
— La vigne ou le songe d’Astyages.
— Cyrus nouveau-né voué à la mort.
— Cyrus sauvé par un berger.
— Cyrus fait fouetter le fils d’Artambares.
— Cyrus reconnu par Astyages.
— Naissance de Cyrus révélée par le berger.
— Harpage recevant la tête de son fils.
— La cruauté d’Astyages révélée à Cyrus.
— Astyages défait insulté par Harpage.
— Cyrus fait enchainer Astyages.
— Le festin de Balthazar.
— Mane Thécel Pharés, explique Daniel.
— Evilmerodack battu par Cyrus.
— Adieux de Penthée à Abradate.
— Mort d’Abradate.
— Cette mort déplorée par Cyrus.
— Cyrus change de cheval dans le combat.
— Tranchées creusées devant Babylone.
— Prise de Babylone. — Babylone livrée aux flammes.
— Triomphe de Cyrus.
— Retour de Cyrus auprès de Cambyses.
— Les noces de Cyrus et de Mandane.
— Cyrus renversé dans le combat que lui livrent les Egyptiens.
— Un des Rois vaincu par Cyrus, brulé.
— Cyrus couronné par Mandane.
— Liberté rendue aux juifs par Cyrus.
— La fille de Gobrias présentée à Cyrus.
— Mort de Cyrus. — Thomyris plonge la tête de Cyrus dans un vase de sang.
—Alexandre au tombeau de Cyrus (133).

Grâce aux indications du livret du Salon, de 1751, on peut tenter de trier les trente-trois esquisses afin de savoir lesquelles datent, de 1737 ou de 1751.
Vingt thèmes dans la narration de l’histoire de Cyrus sont mentionnés comme "tableaux nouveaux" dans le livret du Salon, de 1751. On peut s’étonner de ce chiffre, car vingt et une esquisses sont annoncées dans le préambule : dix-sept nouvelles et quatre anciennes. — Astyages consulte les astrologues de son Royaume. — Harpage ne peut se résoudre à tremper ses mains dans ce sang si précieux. — Cyrus pendant dix ans passa pour être le fils du berger. — Le fils d’Artambares refuse d’obéir à Cyrus. — Astyages est étonné par le regard de Cyrus. — Astyages demande à Harpage si son plat était bon. — Astyages perd la bataille et la liberté. — Gobrias met Cyrus en possession de ses Etats. — Penthée arme elle-même le char d’Abradate. — Cyrus est renversé dans la bataille. — Cyrus pleure sur le corps d’Abradate. — Mané Thecel Pharès. — Balthazar condamné à perdre son royaume. — Cyrus rend la liberté aux juifs. — Darius donne sa fille Mandane en mariage à Cyrus. — Cyrus revient en Perse visiter cambyses et Mandane. — Cyrus célèbre son mariage avec Mandane. — Cyrus est tué dans sa seconde bataille contre Penthée. — Thomyris plonge la tête de Cyrus dans un vase de sang. — Alexandre dépose une couronne d’or sur la tombe de Cyrus.
Douze sont notés comme "tableaux anciens" : — Isaïe annonce à la Terre deux cents ans avant la naissance de Cyrus. — Astyages rêve que sa fille accouche d’une vigne. — Harpage confie à Cyrus la cruauté d’Astyages. — Cyrus remet les Etats d’Astyages à Darius (5  tableaux). — Mort de Evilmérodack. — Cyrus creuse des fossés autour de Babylone. — Cyrus se montre à ses Sujets dans sa splendeur. — Cyrus gagne la première bataille contre Penthée (134).
Neuf de ces trente-trois esquisses sont conservées dans les collections publiques françaises : — Cyrus adolescent, fait fouetter le fils d’Artambares (N°18). — Le festin de Balthazar (N°19), au Musée Magnin de Dijon. — Cyrus s’emparant de Babylone, au Musée de Strasbourg (N°6 & 20). — Le mariage antique au Musée de Tours (N°49). — L’allégorie de l’éducation de Cyrus au Musée municipal de Cholet (N°50). — Un soldat amène un cheval à Cyrus, dont la monture vient d’être tuée sous lui (N°41). — Cyrus déplore la mort d’Abradate et console Penthée (N°42). — La reine Thomyris fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang (N°43).   — Alexandre, vainqueur des Perses, fait déposer une couronne d’or sur le tombeau de Cyrus (N°44), au Musée Lambinet de Versailles.
Dans les Collections privées seulement quatre esquisses sur l’histoire de Cyrus sont répertoriées à ce jour : — Darius donne sa fille Mandane en mariage à Cyrus (N°48). — Astyages fait apporter à Harpage un plat contenant la tête, les pieds, et les mains de son fils (N°47). — Astyages confie Cyrus à Harpage (N°46). — Cyrus rend la liberté aux Juifs (N°45).

On peut qualifier l’œuvre des esquisses sur l’histoire de Cyrus comme singulier dans l’œuvre de Collin de Vermont. Le fait que ces tableaux soient des esquisses y est pour beaucoup. Le regard est différent. On ressent, avec une certaine émotion la fougue du peintre pour ce travail de préparation. Les tableaux sont en quelque sorte plus proches de nous. Ils nous offrent la possibilité de percevoir une phase du travail souvent occultée. On a l’impression de percer l’intimité du peintre lors de son travail dans son atelier. Elles sont différentes du reste de sa production par la pluralité des scènes, par la justesse du dessin par la réalité du rendu des attitudes et par la diversité des expressions. Qualités rarement réunies dans ses autres tableaux.
La variété des sujets de l’épopée épique de Cyrus a permis à Collin de Vermont de diversifier ses compositions.
Soit il place, au centre du tableau, les principaux protagonistes de la scène et à partir de cet axe, il construit sa toile de façon symétrique : — Le Mariage antique. — Cyrus rend la liberté aux Juifs. — Alexandre dépose une couronne sur le tombeau de Cyrus. — Thomyris fait plonger la tête de Cyrus dans un vase de sang. Soit il ordonne ses figures dans des groupes : — Astyages confie Cyrus à Harpage. — Cyrus déplore la mort d’Abradate. — Cyrus adolescent fait fouetter le fils d’Artambares. — Le Festin de Baltahzar.
Ou alors il donne un style épique à ses compositions : — Un soldat amène un cheval à Cyrus dont la monture vient d’être tuée. — Cyrus s’emparant de Babylone.
Il varie selon le sujet ou l’épisode traité, les scènes diurnes : — Cyrus adolescent fait fouetter le fils d’Artambares. — Un soldat amène un cheval à Cyrus dont la monture vient d’être tuée sous lui. — Cyrus déplore la mort d’Abradate et console Penthée. — Thomyris fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang. — Cyrus rend la liberté aux Juifs. — Le mariage antique. Et les scènes nocturnes : — Le festin de Balthazar. — Cyrus s’emparant de Babylone. Les scènes d’extérieur : — Cyrus adolescent fait fouetter le fil d’Artambares. — Le mariage antique. — Un soldat amène un cheval à Cyrus sont la monture vient d’être tuée sous lui. — Cyrus déplore la mort d’Abradate et console Penthée. — Cyrus s’emparant de Babylone. Et les scènes d’intérieur : — Le festin de Balthazar. — Alexandre vainqueur des Perses fait poser une couronne sur le tombeau de Cyrus. — Thomyris fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang. — Astiages confie Cyrus à Harpage. — Cyrus rend la liberté aux Juifs.
Quelle que soit la diversité des scènes, on retrouve dans les esquisses sur l’histoire de Cyrus une unité de style. On remarque, dans tous les tableaux, un nombre important de personnages, élément jamais rencontré dans les autres tableaux n’appartenant pas à cette suite. Scènes intimes ou scènes de combats, il multiplie les figures. C’est là une manière de traduire le côté épique de cette aventure. On constate l’excellent rendu des mouvements, attitudes et expressions pour tous ces personnages. Collin de Vermont a réussi à rendre cohérent l’ensemble de ces compositions.
Dernier point commun, que l’on peut observer, ce sont les coloris bruns, mais malheureusement sombres et ternes qui recouvrent ces esquisses.
La quantité et la qualité de ces trente-trois tableaux montrent combien Collin de Vermont s’est attaché à ce travail. Après ce constat, on peut s’interroger sur le "non — devenir" de ces esquisses. Le nombre et le temps ont peut-être freiné Collin de Vermont dans un projet plus ambitieux. Mais, s’il y avait projet, on peut s’étonner du temps qu’a pris l’exécution de ces esquisses ; plus de quatorze années. On peut alors penser que celles-ci étaient peut-être destinées à être gravées ou alors qu’elles ont été exécutées pour elles-mêmes.

Le second intérêt de ce Salon, c’est la présence de deux portraits peints par Collin de Vermont : l’un du peintre Lépiciè (N°40) et l’autre de son père (N°39) (135). C’est une nouveauté. C’est la première fois que Collin de Vermont expose des portraits.

Deux années plus tard, au Salon de 1753, Collin de Vermont présente un sujet tiré de Catulle : — les Noces de Thétis et Pelée (N°51)."Tableau en largeur de 4,5 pieds de H. pour 3 de L., représentant les Noces de Thétis et Pelée. Les époux y avaient invité tous les Dieux à l’exception de la Discorde : mais, elle s’y glissa furtivement et jeta sur la table une pomme d’or sur laquelle elle avait écrit ces mots : Pour la plus belle ; cette inscription que Mercure fit remarquer à l’assemblée excita bientôt entre les trois principales divinités, cette fameuse dispute qui causa dans la suite tous les malheurs de la guerre de Troie "  indique le livret du Salon (136). Thème mythologique qu’il avait déjà peint pour le Salon, de 1737. Cette toile est perdue, il est donc impossible d’en faire une étude stylistique. Il est dommage de ne pas connaitre le tableau, de 1737, ni celui, de 1751, car il aurait été intéressant de saisir l’évolution stylistique du peintre en comparant ces deux tableaux séparés de quatorze années.

Deux sujets d’histoire ancienne : — Alexandre serrant les ouvrages d’Homère (N°52) et — Alexandre résistant au sommeil (N°53) — tableau gravé par René Gaillard (1722-1790) sous le nom :"la Vigilance d’Alexandre d’après Colin" (estampe vendue en 1784 au prix de 5 Livres) (137) — et deux sujets religieux : — la Présentation de la Vierge au temple (N°54) et — un Christ mort (N°55) sont exposés au Salon de 1755 (138). Les tableaux : Alexandre serrant les ouvrages d’Homère, Alexandre résistant au sommeil et un Christ mort sont perdus.

La Présentation de la Vierge au temple (N°54), présentée au Salon de 1755, a été commandée pour le Roi par le Marquis de Marigny en 1754 : "Ce tableau a été donné par le Roi à l’église neuve de Saint-Louis de Versailles », précise le livret du Salon de 1755 (139). Marigny aurait voulu que Van Loo se charge de la décoration du porte-autel de l’église neuve de Saint-Louis de Versailles (140), mais celui-ci était trop occupé pour accepter ce travail. Lépicié proposa Collin de Vermont pour cette tâche. Voici en quels termes il écrivit à Marigny, le 3 avril 1754, pour présenter celui qui fit son portrait, en 1751 : "Je ne crois mieux pouvoir remplir vos vues pour l’exécution du tableau qui doit être mis au maître-autel de l’église Saint-Louis de Versailles qu’en vous proposant M. de Vermont, Professeur de l’Académie. C’est un habile homme, sçavant dessinateur, et dont le vrai genre est celui de traiter des sujets pieux. Il se plaît dans ces sortes de compositions, et je pense qu’il est toujours à propos, pour s’assurer du succès d’un ouvrage, d’avoir égard à tout ce qui peut-être analogue au caractère de l’artiste. J’aurais l’honneur encore de vous observer encore, Monsieur, que le Sr de Vermont pourra commencer sur-le-champ le tableau. Je connois sa façon de penser et je ne doute point qu’il ne fasse les plus grands efforts pour mériter votre suffrage et répondre aux grâces que vous lui avés déjà faites... (141). Le 27 mars 1754, Vandières répond à la correspondance de Lépicié par cette lettre : "J’approuve Monsieur le choix que vous proposez du Sr Vermont pour exécuter le tableau destiné au maître-autel de l’église Saint-Louis ; je vais lui écrire par ce courrier afin qu’il travaille incessamment..." (142). Ce même jour, Marigny écrit à Collin de Vermont pour l’informer de son choix : "Monsieur de Vermont, Versailles 27 mars 1754 "Le Roi ayant accordé Monsieur un tableau pour le maître-autel de Versailles, je crois ne pouvoir mieux faire que de vous choisir pour l’exécution de ce tableau persuadé que le soin que vous prendrez de le rendre digne de la destination justifiera ma confiance, ce confirmera l’opinion avantageuse que vos précédents ouvrages m’ont donné de vos talents je suis, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur." (143). Par ces deux lettres nous savons comment, le 27 mars 1754, Marigny s’est remis au choix de Lépicié et a passé commande du tableau à Collin de Vermont, mais là ne s’arrête pas la rôle de Marigny, il proposa des réflexions pour le décor du maitre-autel. Le 30 juin 1754, dans une lettre à Lépicié il émet cette observation : "Si M.de Vermont peut faire usage, Monsieur, de ma réflexion j’en serai fort aise ; mais si la composition de son tableau ne luy permet pas, j’approuve fort qu’il se détermine pour le mieux..." (144). Il est dommage de ne pas connaître la réflexion de Marigny sur la manière de composer le tableau et quels étaient les arguments de cette réflexion. Par une lettre du Comte du Muy, Directeur des Economats pour la construction de l’église Saint-Louis de Versailles, du mois d’aout 1755, on apprend que le tableau est terminé, mais étant donné ses dimensions, on ne trouve pas d’endroit pour le conserver (145). Ce tableau sera estimé à 4500 Livres. Cette somme sera versée au peintre en trois versements : 1500 Livres, le 11 juillet 1757, 1200 Livres, le 7 octobre 1757 et 1800 Livres, le 11 juillet 1759 (146). C’est la plus grosse somme que Collin de Vermont a reçue pour un tableau commandé par les Bâtiments du Roi. Il faut pour expliquer ce montant préciser la grandeur de la toile : 17 pieds et 3 pouces de haut, sur 8 pieds 2 pouces de large (147), c’est dire combien cette décoration du maître-autel de l’église Saint-Louis de Versailles est une commande importante.
La toile est dans un cadre en plein cintre. Collin de Vermont, comme à son habitude, a disposé les figures sur un fond architectural. Les personnages sur un escalier — comme l’impose l’iconographie de cette scène — sont placés sur une diagonale ; en haut, le Grand Prêtre tend les bras à la petite Marie qui, au centre du tableau, sur une marche inférieure est agenouillée dans une attitude de prière, suivie par sa mère et par son père, chacun sur une marche plus bas. Autour des principaux acteurs se groupent d’autres personnes qui assistent à la scène et qui ferment la composition de tous côtés. Au-dessus de la Vierge, deux anges thuriféraires portent les deux couronnes qui lui sont destinées. A côté de ce groupe se distinguent deux figures féminines qui occupent l’espace, en bas à gauche, du tableau. Au premier plan, une femme, tenant sur ses genoux une cage avec des colombes, montre du doigt la Présentation de la Vierge au Grand Prêtre tandis que son regard se tourne vers une autre femme, présentée de dos, qui semble s’interroger sur cette scène. Cette dernière se place sur une verticale qui passe par le personnage qui tient la robe du Grand Prêtre, puis par les deux cierges portés par trois enfants, dont on ne voit que les visages, et enfin par une colonne torsadée, pièce du baldaquin ou symbole des colonnes de la Confession de Saint-Pierre de Rome, placée devant un pilastre. Serait-ce, ici, une lecture verticale qui symboliserait par cet axe la présence céleste ? Un jeu savant des regards réunit tous ces personnages qui malheureusement semblent figés et dépourvus de tout souffle de vie. Collin de Vermont n’a pas réussi à rendre le sentiment de religiosité de cette Présentation. Les expressions et les attitudes individualisent les personnages au lieu de les réunir. Les couleurs, aujourd’hui, ternies, ne permettent pas d’apprécier à leur juste valeur les coloris. On peut noter la juxtaposition des tons froids : bleu et vert, des vêtements de la Vierge et de Sainte-Anne s’opposant aux coloris plus chauds des vêtements du Grand Prêtre, rose, jaune, bleu et blanc. On peut aussi différencier les tons bruns dans la partie inférieure de la toile incarnant le monde terrestre aux tons bleus dans la partie supérieure représentant le monde céleste. Les effets de perspective sont obtenus par les marches de l’escalier sur lesquelles est posée une corbeille de fruits — corbeille que l’on a déjà vue dans le dessin préparatoire de l’Annonciation de l’église Saint-Merry à Paris — qui meuble l’espace et par les ouvertures dans l’architecture classique, symbolisant le temple, d’une grande arcade en plein cintre et d’une sorte de petit oculus qui serait tronqué au-dessus de cette arcade donnant sur l’extérieur. Ce tableau devait occuper l’arcade du fond dans la chapelle de la Vierge. Il était destiné au maître-autel de l’église et avait été composé pour continuer la perspective de l’édifice (148). L’architecture du tableau reproduisait le style même de la chapelle vue d’une certaine distance. Malheureusement, l’adaptation de la composition au format du cadre n’est pas totalement convaincante. L’architecture classique, servant de fond au tableau, est beaucoup trop parallèle par rapport aux montants du cadre de la toile. Elle aurait dû être axée vers la profondeur du coté droit de la toile. La partie gauche du tableau connait une surcharge par la présence de la colonne torsadée devant une architecture monumentale. Surcharge qui n’est pas contrebalancée dans la partie droite de la toile. Ce véritable problème de construction et d’adaptation au format — on peut noter aussi le petit oculus tronqué en haut de la toile (déjà mentionné) — laisserait supposer qu’à l’origine le format n’était peut-être pas celui que nous connaissons, aujourd’hui, et que la partie droite de la toile est peut-être manquante ainsi que sa partie haute ? Hypothèse qui se vérifie si on convertit les mesures de l’époque en mètres : 17 pieds et 3 pouces de haut pour 8 pieds et 2 pouces de large donnent  5,60 m de haut et 2,65 de large ; les dimensions actuelles sont de 4 m de haut sur 2,50 m de large (149).

Le dernier tableau daté de Collin de Vermont est une Adoration des Mages (N°56) qu’il présente, au Salon de 1759 (150). Il est regrettable de terminer l’étude chronologique de l’œuvre de Collin de Vermont par un tableau dont on n’a aucune trace, si ce n’est qu’il apparait dans l’inventaire après décès du peintre (151) et pour lequel la seule critique qui nous soit parvenue soit négative : "De Collin de Vermont il y a une mauvaise Adoration des Rois ". L’auteur de cette phrase se nomme Diderot (152). Diderot mentionne que ce tableau est accroché à l’église Saint-Louis de Versailles. Aucun document ne confirme cette indication.

Pendant ces années, Collin de Vermont, partage son temps entre son atelier où il formera Deshayes  Colleville (153) et Gabriel-Jacques de Saint-Aubin (154) et ses différentes occupations à l’Académie. Ses conseils sont souvent recherchés et ses avis souvent écoutés. Il est chargé d’examiner les tableaux présentés aux Salons (155). Les ouvrages des aspirants peintres ou graveurs lui sont soumis (156). Et son jugement littéraire et artistique lui vaut d’être consulté pour l’impression du livre : "Les éléments des Beaux-Arts" de Dandré-Bardon, en 1759 (157). Sa présence et sa disponibilité à l’Académie et la reconnaissance de son travail feront que le 6 juillet 1754, l’Académie le nommera Recteur-Adjoint (158). A la fin de l’année 1760, Collin de Vermont tombera malade ; le 29 novembre 1760, il recevra la visite de Van Loo et de Coustou envoyés par l’Académie (159). Quelques mois plus tard, le 17 février 1761, âgé de 68 ans et 10 mois, il décédera à son domicile rue Platrière à Paris (160). Il sera inhumé en l’église Saint-Eustache (161). Sa mort sera annoncée à l’Académie le 28 février 1761 (162).


- Les chiffres renvoient aux notes ci-dessous.
- Les Numéros renvoient au catalogue de l’œuvre peint ci-dessous.


NOTES

(1)      Procès-verbaux..., t. IV, p.392.

(2)      Collin chez Jouvenet

(3)      Homme qui ne mariera pas

(4)      Registre de baptême de la paroisse Notre-Dame (archives municipales de Versailles).

(5)      Archives Nationales. Minutier central, LIII, N°301.

(6)      Voir Colombier, Hyacinthe Rigaud, 1973.

(7)      Rigaud fit le portrait en buste de Nicolas Collin, Nouvelles Archives de l'Art Français, 1891, p.69.

(8)      Registre de baptême de la paroisse Notre-Dame           (archives municipales de    Versailles).

(9)      Registre de baptême de la paroisse Notre-Dame            (archives municipales de   Versailles).

(10)    Archives Nationales. Minutier central, LIII, N°313.

(11)    Archives Nationales. Minutier central, LIII, N°291.

(12)    Benezit, t. III, p.114.

(13)    Collin chez Jouvenet

(14)    Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.257.

(15)    N. A. A. F , 1879, p.388.

(16)    P. Rosenberg & A. Schnapper : J. Restout, catalogue, 197O, p.14.

(17)    Procès-verbaux..., t. IV, pp.99-100.

(18)    Procès-verbaux..., t. IV, pp.99-100.

(19)    Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.257.

(20)    Procès-verbaux..., t. IV, p.208.

(21)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. IV, p.470.

(22)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. IV, p. 472.

(23)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. V, pp.1-2.

(24)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. V, p.19.

(25)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. V, p.96.

(26)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t. V, p.208.

(27)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t.VI, p.17.

(28)    Correspondance des Directeurs, 1887-1908, t.VI, p.17.

(29)    Catalogue de Vente Collin de Vermont, Paris, 1761.

(30)    Procès-verbaux..., t. IV, p.384.

(31)    Procès-verbaux..., t. IV, p.392.

(32)    Procès-verbaux..., t. IV, p.406.

(33)    Almanach royal 1727, p.275

(34)    A. Jal, 1867, p.1255 (Vermont).

(35)    Mercure de France, Juillet 1727, pp.1562-1563.          

(36)    Mercure de France, Juillet 1727, pp.1567-1568.

(37)    E. Delignières, Abbeville, 1865, p.19, N∞39.

(38)    Revue de l'art, 1977, N°33, pp.29-42.

(39)    Mercure de France, Juillet 1736, p.1639.

(40)    Catalogue des Dessins  français du XVIII° siècles, Paris, 1987, pp. 108-109, N°144.

(41)    Salon de 1737, Livret officiel.

(42)    Les tableaux ne portent pas de numéros.

(43)    Salon de 1751, Livret officiel N°11.

(44)    Catalogue de Vente Collin de Vermont, Paris, 1761.

(45)    A. Jal, 1867, p.1255 (Vermont).

(46)    Voir. Dezallier d'Argenville, 1749.

-(47)  Résidence de son père.

(48)    Colombier, 1973, p.91.

(49)    Procès-verbaux..., t. V, p.127.

(50)    Voir. Dezallier d'Argenville, 1749;  Voir. Piganiol de la Force 1742, ed.          1765.

(51)    Dezallier d'Argenville, 1749, p.263.

(52)    Archives Nationales, série S/3706.

(53)    Archives Nationales, série S/3706.

(54)    Historiques: voir. Catalogue N° & N°.

(55)    Salon de 1740, Livret officiel, N°16 & N°15.

(56)    Chaix, Inventaire des œuvres d'art appartenant ‡ la ville de Paris. Edifices religieux, t. I, p.384. Dumoulin & Outardel, Paris, 1936, p.108.

(57)    Voir. Dezallier d'Argenville, 1749;  Voir. Piganiol de la Force 1742, ed. 1765.

(58)    Fontenay dans son Dictionnaire des Artistes, Paris, 1776, mentionne l'Eglise de Saint-Médéric comme lieu où sont accrochés des tableaux de Collin de Vermont.
           
(59)    Abbé Baloche, Paris, 1911, tt. I & II

(60)    Abbé Baloche, Paris, 1911, t. II, p.456.

(61)    Abbé Baloche, Paris, 1911, t. I, p.452.

(62)    Chaix, Inventaire des œuvres d'art appartenant à la ville de Paris Edifices religieux,  t. I, p.384.

(63)    Cabinet des Dessins, Inv. N°252.

(64)    Guiffrey & Marcel, Inv. N∞2293. (64)  Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, 1976, pp.115-16O.

(65)    Pillement, Paris, 1966, p.297.

(66)    Dezallier d'Argenville, 1749, p.227-228.

(67)    Cabinet des Dessins, Inv. N°25265            Guiffrey & Marcel, Inv. N° 2292.

(68)    Cabinet des Dessins, Inv. N°25267 Guiffrey & Marcel, Inv. N° 2293.

(69)    Cabinet des Dessins, Inv.  N°25266 Guiffrey & Marcel, Inv. N° 2296.

(70)    Brochard, Paris, 1950, p.323.

(71)    Dezallier d'Argenville, 1749, p.228.

(72)    Salon de 1738, Livret officiel N∞ 40.

(73)    Blondel, t.II, livre.IV, chap. IV, pp.114-116.

(74)    Dezallier d'Argenville, 1749, p.156.

(75)     Dezallier d'Argenville, 1749, p.251.

(76)    Locquin, 1912, p. XXVIII.

(77)    Salon de 1740, Livret officiel, N°14.

(78)    Salon de 1749, Livret officiel, N°14 & Mercure de France, Octobre 1740, p.2271.

(79)    Engerand, 1901, p.99.

(80)    Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.259.

(81)    Salon de 1743, Livret officiel N°29.

(82)    Salon de 1745, Livret officiel N°25.

(83)    Procès-verbaux..., t. V, pp.186-187, 218-219, 236, 253,274.

(84)    Procès-verbaux..., t. V, p.275.

(85)    Colombier, 1973, p.103-104.

(86)    Collection Deloynes, t.LXII-1980, Bibliothèque Nat; Cab. des estampes.

(87)    Archives Nationales. Minutier central, LIII , N°301 , N°308, N°310, N°316, N°323, N°344, N°346.

(88)    Archives Nationales. Minutier central, LIII, N∞ 303, N°313.

(89)    Locquin, 1912, pp.174-175.

(90)    Procès-verbaux...,t.VI,p.45/pp.70-71.

(91)    Locquin, 1912, p.31.

(92)    Locquin, 1912, p.19.

(93)    Locquin, 1912, p.31.

(94)    Locquin, 1912, p.30.

(95)    Locquin, 1912, p.19.

(96)    Archives Nationales, série O1/1907. N.A.A.F, 1903, p.18.

(97)    Archives Nationales, série O1/1907.

(98)    Archives Nationales, série O1/1934/A2.

(99)    Locquin, 1912, p.22.

(100)             Salon de 1746, Livret officiel N°39 & 38.

(101)             Laffont de Saint-Yenne, 1747, pp.80-87.

(102)             Procès-verbaux..., t.VI, p.45.

(103)             Grimm, Diderot...,1877-1882, t. I, pp.91-93.

(104)             Procès-verbaux..., t.VI, pp.71-72.Archives Nationales, séries O1/1934/A1 &            O1/1979.

(105)             E. Delignières, Abbeville, 1865, p.18,N°37. N.A.A.F., 1904, pp.212-215.

(106)             Salon de 1748, Livret officiel N° 56

(107)             Archives Nationales, séries O1/1934/A1 & O1/1979 & O1/1921/B2.

(108)             Archives Nationales, série O1/1921/B2.

(109)             Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.260.

(110)             Procès-verbaux..., t.VI, p.127.

(111)             Procès-verbaux..., t.VI, p.128.

(112)             Procès-verbaux..., t.VI, p.355.

 113) Procès-verbaux..., t.VI, p.369.

(114)             Procès-verbaux..., t. VII, p.178.

(115)             Archives Nationales, séries O1/1921/B2 & O1/1934/A1.

(116)             Salon de 1750, Livret officiel N°29 & N°30.

(117)             Salon de 1751, Livret officiel N°12 & N°13.

(118)             Engerand, 1901, pp.101-102.

(119)             Archives Nationales, série O1/1979.

(120)             Pierre de Nolhac pense que deux des six sujets tirés des fables de La Fontaine pour l'appartement de Marie joseph de Saxe était de Collin de Vermont. Nolhac, Paris, 1898, p.154.

(121)             Archives Nationales, séries O1/1934/A2 & O1/1979.

(122)             Salon de 175O, Livret officiel N°31 & N°32.

(123)             Voir. Gendre, Revue du Louvre, 1983, pp.399-403.

(124)             Voir. Livret officiel du Salon de 1737.                       

(125)             Salon de 1751, Livret officiel N°11.

(126)             Catalogue de vente Collin de Vermont, Paris, 1761.

(127)             Mercure de France, Octobre 1751, p.164.

(128)             Caylus, Paris, 1910, p.2OO.

(129)             Caylus, Paris, 1910, p.2OO, note N°1. 

(130)             Voir. Gendre, Revue du Louvre, 983, pp.399-403.

(131)             Cyropédie de Xénophon ; L'histoire d'Alexandre le Grand par Quinte
Curce; L’histoire de Cyrus d'Hérodote.

(132)             Xénophon: Cyropédie ; Hérodote : L'histoire d'Alexandre.

(133)             Catalogue de  vente Tableaux anciens et modernes, Paris, Hôtel Drouot,
Jeudi 12 février 1925, pp.3-7, N° 2 & 33.

(134)             Salon de 1751, Livret officiel N°11.

(135)             Salon de 1751, Livret officiel N°14 & N°15.

(136)             Salon de 1753, Livret officiel N°15.

(137)             Pognon & Bruand, Inventaire du fond français des graveurs du XVIII° siècle,
Paris, 1962, t. IX, p.412,  N°191.

(138)             Salon de 1755, Livret officiel N° 19& 22.

(139)             Salon de 1755, Livret officiel N° 19.

(140)             Archives Nationales, série O1/1908.

(141)             Archives Nationales, série O1/1908.

(142)             Archives Nationales, série O1/1908.

(143)             Archives Nationales, série O1/1908.

(144)             Archives Nationales, série O1/1908.

(145)             Archives Nationales, série O1/1908.

(146)             Archives Nationales, série O1/1979.

(147)             Dezallier d'Argenville, Voyage des environs de Paris, 1778, p.119. 
Salon de 1755, Livret officiel N°19.

(148)             Barthélemy, pp.408-411.

(149)             Gallet, 1897, Versailles, pp.100-101. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II,
p.262.

(150)             Salon de 1759, Livret officiel N°9.

(151)             Catalogue de vente Collin de Vermont, Paris, 1761.

(152)             Diderot, 1957, Oxford, t. I, p.40 & p.64.

(153)             Bénézit, & Deshays, p.520. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.261.

(154)             N.A.A.F 1885, p.105.

(155)             Procès-verbaux..., t.VI, pp.127-128.

(156)             Procès-verbaux..., t. VI, p.156 & p.231 & p.274.

(157)             Procès-verbaux..., t. VII, p.90 & p.102.

(158)             Procès-verbaux..., t.VI, p.391.

(159)             Procès-verbaux..., t. VII, p.150.

(160)             Herluison, 1873, Orléans, p.86.

(161)             Herluison, 1873, Orléans, p.86.

(162)             Procès-verbaux..., t. VII, p.157.

                                                                                                         YVES MALRIN

CATALOGUE CHRONOLOGIQUE DE L'ŒUVRE PEINT
DE HYACINTHE COLLIN DE VERMONT
PAR
YVES MALRIN

N°1*
JUDITH ACCLAMEE PAR LE PEUPLE

Historique : Tableau peint, en 1715. Le sujet de Judith acclamée par le peuple, fut donné par l'Académie à Collin de Vermont pour sa participation aux Grands Prix. Le tableau devait être terminé avant le 10 Juin 1715. Collin de Vermont obtint le second prix, le premier prix fut attribué à Wamps (Procès verbaux ..., t.IV, p.208).
Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.257.

N°2
BACCHUS CONFIE PAR MERCURE AUX NYMPHESDE L'ÎLE DE NAXOS

Tours, musée des Beaux-Arts. Toile. H. 1,33 / L. 1,72. Inventaire : 803-1-4.

Historique : Toile peinte à l'occasion de sa réception à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, le 29 octobre 1725, comme peintre d'Histoire (Procès verbaux..., t. IV, p.406). Ce tableau rentrera à l'Académie le 29 décembre 1795. Collection de l'Académie, "Salle d'entrée"(Inv.an II, n°3);-1802, dépôt de Versailles;- envoi du Muséum Central, décrété l'an XI (1803), effectué en 1806 à Tours où il est aujourd'hui conservé.
Catalogues : Laurent-Montaiglon p.319. P. Vitry, 1911, n° 45.
B. Lossky, 1962, n°22.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258, pl.45.
A. Fontaine, 1910, réed.1930, pp.115, 141.
J. Vergnet-Ruiz et M. Laclotte, 1962, p.230.
           
N°3
ANTIOCHUS AMOUREUX DE SA MAITRESSE  STRATONICE

Toile. 6 Pieds de large sur 4,5 de Haut.

Historique : Toile peinte en 1727. C’est avec ce tableau que Collin de Vermont participa au concours organisé par le Duc d'Antin. Collin de Vermont présentera à nouveau  ce tableau au Salon de 1737 (N°13). Ce tableau semble être passé dans la vente après décès de Collin de Vermont en 1761 et il fut acquis par M. de Buri, Sur-Intendant de la Musique du Roi.

Bibliographie : Mercure de France, 1727, pp.1567-1568.
F. Engerand, 1901, pp.99-100.
J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p. 258.
P. Rosenberg, "Le concours de 1727" Revue de l'art, 1977, N° 37, pp. 29-42.

Œuvre en rapport : Le tableau est aujourd'hui perdu mais il est connu grâce à la gravure qu'exécuta Jean Charles Levasseur, en 1769, de ce tableau. Au départ le tableau gravé fut pris pour une toile de Restout. Chennevrières possédait "un dessin terminé et mis au carreau " pour ce tableau "au pinceau lavé de bistre et rehaussé de blanc. Coll. Kaieman. Vente du 9 janvier 1852", dessin lui aussi disparu.


N°4
ANNONCIATION DE LA VIERGE

Lyon, église Saint-Just. Toile. 10 Pieds de Haut ; 11 de Large.

Historique : Tableau commandé par l'église des Capucins du Marais et accroché dans cet établissement, le 16 décembre 1734 (Archives Nationales, série S/3706). Ce tableau n'est ni signé ni daté. C'est M. Jacques Foucard qui a identifié l'Annonciation d'après un croquis de Saint-Aubin sur lequel sont représentés les huit tableaux des Capucins du Marais sur la vie de la Vierge. A partir de cette découverte, on est certain de la provenance. Reste à connaître le voyage de ces deux toiles de Paris à Lyon. Ces dernières ont du être retirées de leur lieu pendant la période révolutionnaire. L'Annonciation est mentionnée dans les listes de  Lenoir, conservateur du dépôt des Petits-Augustins (MMF, t. II, p.293,1468) ; la Purification ne l'est pas mais beaucoup de tableaux ne furent pas mentionnés dans les listes. En 1810, eut lieu une vente de tableaux provenant des églises parisiennes où le cardinal Fesch, Grand Aumônier de France et Archevêque de Lyon, depuis 1802, acheta pour cette ville un grand nombre de toiles pour rhabiller les murs des établissements religieux dépouillés de leur ornementation. Les deux tableaux des Capucins-du-Marais furent placés à la cathédrale Saint-Jean, vers 1812. La Purification ne quittera plus ce lieu, tandis que l'Annonciation fut envoyée à l'église Saint-Just vers 1826, endroit qui est le sien aujourd'hui.

Bibliographie : Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, 1976, pp.115-162.
                      

N°7
DESCENTE DE CROIX

Historique : Toile qui n'est connue que par une description faite dans le Mercure de France de l'année 1736.

Bibliographie : Mercure de France, juillet 1736, p.1639.
J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.
G. Wildenstein, 1924, pp. 22-23.


N°8*
DEUX TABLEAUX SUR L'HISTOIRE DE TELEMAQUE

Historique : Toiles qui ne sont connues que par une description faite dans le Mercure de France de l'année 1736.

Bibliographie : Mercure de France, juillet 1736, p.1639.
J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p. 258.
G. Wildensteim, 1924, pp. 22-23.


N°9*
DESCENTE DE CROIX

Historique: Toile présentée lors du Salon de 1737. Ce titre est mentionné dans l'inventaire après décès de Collin de Vermont mais est-ce le même ? J. Messelet in L. Dimier note que Collin de Vermont expose, en 1737, ce tableau mais peut-être peint auparavant.
Bibliographie: J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.


N°10*
JUGEMENT DE SALOMON

Historique : Toile présentée lors du Salon de 1737. Ce titre est mentionné dans l'inventaire après décès de Collin de Vermont mais est-ce le même ?
Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.



N°11*
NOCES DE THETIS ET DE PELEE

Historique : Tableau présenté au Salon de 1737. Titre mentionné dans l'inventaire après décès du peintre mais on ne peut assurer que ce tableau est celui de l'inventaire après décès car le peintre peignit le même sujet en 1753 (cf. le N°41).

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.
H. Bardon, Gazette des Beaux-Arts, avril 1963, pp.217-251.


N°12*            
LES DIEUX QUI COUPENT LES AILES A L'AMOUR POUR L'EMPECHER DE REMONTER AU CIEL

Historique : Tableau présenté au Salon de 1737.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.


N°13*
LA MALADIE D'ANTIOCHUS

La maladie d'Antiochus causée par l'amour qu'il portait à sa belle-mère Stratonice

Historique : tableau peint pour le concours organisé par le Duc d'Antin, en 1727 (cf. N°3). Toile représentée au Salon de 1737.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.
H. Bardon, Gazette des Beaux-Arts, avril 1963, pp.217-251.


N°14*
LES ADIEUX D'HECTOR A ANDROMAQUE

Historique : Tableau présenté au Salon de 1737.
Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.258.


N°15*
PYRAME ET THISBE

Historique : Tableau présenté au Salon de 1737.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.
H. Bardon Gazette des Beaux-Arts, avril 1963, pp.217-251.


N°16*
RENAUD ET ARMIDE

Historique : Tableau présenté au Salon de 1737.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.258.



N°17
LA MORT D'ADONIS

Dijon, Musée Magnin.
Daté 1737.Toile. H. 1,20 / L. 1,76.
Note : Problème d’attribution.

Catalogue : Cat. Musée Magnin, 1938, N° 173, p.49.

Bibliographie : J. Magnin, 1922, n°313, p.104.


N°18
HISTOIRE DE CYRUS (1° Série de 21 esquisses)

Historique : Collin de Vermont présenta au Salon de 1737, vingt et une esquisses sur l'histoire de Cyrus. Une suite de douze autres  fut présentée au Salon de 1751. Les trente-trois tableaux sont restés chez le peintre jusqu'à sa mort. L'article publié par Melle Gendre dans la Revue du Louvre de 1983 (pp.309-403) nous informe de ceci : "Elles furent vendues (mention de trente-deux esquisses et non plus trente-trois) lors de la vente du comte Quincey à Paris, le 22 juin 1904, avec une attribution à Le Brun. Dans la préface de ce catalogue, L. Roger-Miles nous apprend que les œuvres entre temps étaient passées, en 1817, dans la collection du troisième fils du Prince Charles François Lebrun, Duc de Plaisance, lors de son mariage avec Mlle Cardon. Cette collection passa ensuite par l'héritage à sa fille qui avait épousé le Comte Daru, fils aîné du ministre de Napoléon Ie. Ces trente-deux esquisses se retrouvent alors mentionnées dans le catalogue de vente anonyme, du 12 février  1925, mais cette fois elles sont données à Collin de Vermont. C'est à cette date qu'elles sont dispersées, témoignant d'un changement de goût et du peu d'intérêt des collectionneurs pour la peinture d'histoire". Cet historique, de 1737 à 1925, vaut pour toutes les esquisses sur l'histoire de Cyrus répertoriées dans ce catalogue.

           

N° 18 A
CYRUS FAIT FOUETTER LE FILS D'ARTAMBARES


Dijon, Musée Magnin.
Toile. H. 0,38 / L. 0,47

Historique : « Cyrus fait fouetter le fils d'Artambares » fait partie de la première série présentée, en 1737. Achetée par Magnin, entre 1925 et 1938, elle est accrochée au musée Magnin, depuis 1938, date où elle est pour la première fois mentionnée dans le catalogue du musée.

Catalogues : Catalogue de l'exposition : Le paysage français de Poussin à Corot, Paris, 1925, p.9, n°50.
Catalogue du musée Magnin, 1938, n°174, p.49.
Catalogue de l'exposition : Les artistes du Salon de 1737, Paris, 1930, N°30.


N°18 B
LE FESTIN DE BALTHAZAR

Dijon, Musée Magnin.
Toile. H. 0, 38 / L.0, 47

Historique : voir le numéro 18 pour l'historique de 1737 à 1925. L'esquisse : « le festin de Baltahzar » fait partie de la première série présentée en 1737. Achetée par Magnin,  entre 1925 et 1938, elle est accrochée au musée Magnin, depuis le 1938, date à laquelle elle apparaît pour la première fois dans le catalogue du musée.
Catalogues : Catalogue du musée Magnin, 1938, n°175, p.49.
Catalogue de l'exposition des artistes du Salon de 1737, Paris 1930, n°30.

Bibliographie : J. Vergnet-Ruiz & M. Laclotte, 1962, p.230.
                                  

N°18 C
CYRUS S'EMPARANT DE BABYLONE

Strasbourg, Musée des Beaux-Arts.
Toile. H. 0,38 / L. 0,47.

Historique : voir le numéro 18 pour l'historique de 1737 à 1925. Cette esquisse de la suite de 1737, est présente au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, depuis 1928; elle a été datée de l'année 1735 par ce même musée.
Catalogue : Catalogue des peintures anciennes, Strasbourg, 1938  n°338, p.184.



N°19
MOISE LEGIFERANT LA MANNE

Historique : Toile présentée au Salon de 1738 sous le n°40. Cette toile fut commandée et peinte pour les Capucins du Palais Royal.

Bibliographie : Dezallier d'Argenville, 1749, p.156.



N°20
ROGER ET ALCINE

Grenoble, Musée de peinture et de sculpture.
Toile.  H. 3, 86 / L. 4, 60.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1740 sous le N° 14. Le sujet a été commandé par les bâtiments du Roi pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins. Le paiement de 2000 livres pour ce travail eut lieu le 20 juillet 1740. Le tableau demeura aux Gobelins, et en 1794, le jury de classement des modèles, tout en déclarant la « fiction agréable » le rejetait « sous le rapport de l'art ». Il est actuellement au musée de Grenoble, où il fut envoyé par l'Etat en 1872.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.259.
F. Engerand, 1901, p.99.
J. Vergnet-Ruiz & M. Laclotte, 1962, p.230.


N°21
ANNONCIATION

Paris, Eglise Saint-Merry.
Toile. H. 3,36 / L. 1,67

Historique : Ce tableau présenté au Salon de 1740 sous le numéro 16 a été commandé avec son pendant (n°22) d'après de nombreux textes par les Capucins du Marais. Mais aucune archive pour le moment ne confirme cette information. Ces deux tableaux, qui sont aujourd'hui accrochés dans l'église de Saint-Merry, sont dans ce lieu depuis les années 1740. Une note dans le livre de l'abbé Baloche, nous informe que Collin de Vermont donna ces deux tableaux pour décorer la chapelle de la Vierge de l'église de Saint-Merry. La décoration de cet établissement fut prise en charge par M. Mettra, curé de cette paroisse, de 1717 à 1744, et ceci pourrait expliquer l'absence de trace dans les registres de délibérations de Saint-Merry.

Catalogue : Catalogue Trésor d'art dans les églises de Paris, 1956,  n°6.

Bibliographie : Abbé Baloche, 1911, t. I, p. 452 & t. II, p .456.
Chaix, Edifices religieux, t. I, p. 384.
Dezallier d’Argenville, 1778, p. 246.
M. Dumoulin & G. Outardel : Les églises de France, Paris et la Seine, Paris librairie Letouzey et Ané, 1936, p. 108.
A. Boinet : Les églises de paris, Paris, Editions de minuit, 1958, t. I, p.410.
Inventaires des richesses d'art en France : Paris, monuments religieux, Paris, Plon, 1901, t.1, pp. 285 et 292.

Œuvre en rapport : Il existe au Cabinet des Dessins un dessin préparatoire de l'Annonciation (Inv.25265)



N°22
DEPOSITION DE CROIX

Paris, Eglise Saint-Merry.
Toile. H. 3,36 / L. 1,67

Historique : voir le N° 23.

Catalogue : Catalogue des trésors d'art des églises de Paris,  1956, n°7.

Bibliographie : Abbé Baloche, 1911, t. I, p. 452 & t. II, p .456.
Chaix, Edifices religieux, t. I, p. 384.
Dezallier d’Argenville, 1778, p. 246.
M. Dumoulin & G. Outardel : Les églises de France, Paris et la Seine, Paris librairie Letouzey et Ané, 1936, p.108.
A. Boinet : Les églises de paris, Paris, Editions de minuit, 1958, t. 1, p. 410.
Inventaires des richesses d'art en France : Paris, monuments religieux, Paris, Plon, 1901, t .1, pp. 285 et 292.



N°23
ETE

Rouen, Musée des Beaux-Arts.
Toile. H. 0,89 / L. 1,30.
Inventaire : S-R-73

Historique : Œuvre qui provient d'un chanoine de Saint Gervais; saisie révolutionnaire.

Catalogues : O. Popovitch, Catalogue des peintures du musée des Beaux-Arts de Rouen, 1967, p.27.
O. Popovitch, Catalogue des peintures du musée des Beaux-Arts de Rouen, 1978, p.27.

Bibliographie : Ch. De Beaurepaire, 1904, pp. 55-57


N° 24
AUTOMNE


Rouen, Musée des Beaux-Arts.
Toile. H. 0,89 / L. 1,30.
Inventaire: S-R-74

Historique : Œuvre qui provient d'un chanoine de Saint Gervais; saisie révolutionnaire.

Catalogue : O. Popovitch, Catalogue des peintures du musée des Beaux de Rouen, 1978, p. 27.

Bibliographie : Ch. de Beaurepaire, 1904, pp. 55-57.


N°25*
ASSOMPTION

Toile. H. 7 pieds / L. 5,5 pieds.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1743 sous le numéro 29.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 193O, t. II, p.259.


N°26
L'ONCTION DE L'EVEQUE

Varsovie, National Muséum.
Toile. H. O, 93 / L. 1,31.
Inventaire: Inv.654.
Historique : Toile signée et datée 1743 acquise par le National Muséum de Varsovie en 1891.



N°27*
ALEXANDRE ET ROXANNE

Toile. Environ 4 pieds.

Historique : Toile présentée au Salon de 1745 sous le numéro 25.

Bibliographie : H. Bardon, Gazette des Beaux Arts, 1963, pp. 217-251.


N°28
AUGUSTE ET CLEOPATRE

Historique : Toile présentée au Salon de 1746 sous le numéro 38.
Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.259.
Laffont de Saint-Yenne, 1747, pp. 80-87. H. Bardon, Gazette des Beaux-Arts 1963, pp. 217-251.


N°29
AUGUSTE AU MILIEU DES BEAUX-ARTS

Historique : Toile présentée au Salon de 1746 sous le numéro 39.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.259.
Laffont de Saint-Yenne, 1747, pp.80-87.
H. Bardon, Gazette des Beaux-Arts 1963, pp. 217-251.

N°30
LE PETIT PYRRHUS AUX PIEDS DU ROI GLAUCIAS

Besançon, Musée Magnin.
Toile. H. 162 / L. 194

Historique : Avec ce tableau, Collin de Vermont participa au concours organisé par Lenormant de  Tournehem, en 1747. Collin de Vermont reçut pour ce tableau un portefeuille de maroquin bleu fermé d'une fleur de lys d'or, avec un ordonnance de 1500 francs payé le 7 octobre 1747 (Archives Nationales, séries O1/1934/A ; O1/1979), en plus de la bourse de cent jetons et la médaille d'or promises à l'ouverture de ce concours (Procès-verbaux...t. VI, pp. 71-72.). Cet ouvrage fut exposé, avec les dix autres, sans noms d'auteurs, dans la galerie d'Apollon, en 1747. Le tableau composé pour le Concours de 1747 entra dans la collection du Roi. En 1760, il se trouva au magasin de la Surintendance à Versailles (Archives Nationales, série O1/1965). Il figura à Fontainebleau de 1823 à 1832, puis il fut envoyé au musée de Besançon par l'Etat, en 1872,  Ville ou il est toujours exposé actuellement.

Catalogue : Catalogue  de Besançon, 933, pp. 159-160-220.
E. Delignières, 1865, n°37, p.18.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.260.
A. Carton, Histoire et description des musées de la ville de Besançon, Paris, Plon et Nourrit, 1889, p.24.
J. Vergnet-Ruiz & M. Laclotte, 1962, p. 230.

Œuvre en rapport : Tableau gravé par J. C. Levasseur (1734-1816) sous le nom de « Glaucias, Roi d'Illyrie, prend Pyrrhus sous sa protection » (H. 0,422; L. 0,528). Il est mentionné dans le catalogue raisonné de ce graveur que le tableau original, peint par Collin de Vermont, était dans le Cabinet du Roi. Archives Nationales : Séries: O1/1934/A ; O1/1965; O1/1979.



N°31
EDUCATION DE LA VIERGE

Toile. H. 5 pieds / L. 4 pieds

Historique : Ce tableau est une commande de Lenormant de Tournehem pour l'oratoire de Madame à Fontainebleau, faite en 1748. Il représente l'Education de la Vierge par Sainte Anne et Saint Joachim. Ce tableau fut payé 800 livres à Collin de Vermont, le 31 janvier 1749 (Archives Nationales, séries O1/1979; O1/1921/B2; O1/1934/A1).

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p.260.
F. Engerand, 1901, pp.100-101.

Archives Nationales : Séries O1/1979 ; O1/1921/B2; O1/1934/A1.
                                  
N°32
UNE  VISITATION

Historique : Tableau présenté au Salon de 1750 sous le numéro 31.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t. II, p. 260.

N°33*_
ANACREON ET L'AMOUR

Historique : Tableau présenté au Salon de 1750 sous le numéro 31.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 193O, t.II, p.26



N°34
JUPITER ET MERCURE CHEZ PHILEMON ET BAUCIS

Versailles, musée national du Château de Versailles.
Toile. H. 0,765 / L. 1,57

Inventaires : MV.8296; INV.7436; MR.2376

Historique : Tableau présenté au Salon de 1750 sous le numéro 29. Historique commun aux numéros 34-35-36-37 : Tableaux commandés par Monsieur de Tournehem comme dessus de porte pour la chambre du Roi à Trianon. Ces quatre tableaux furent estimés et payés 4000 livres (Archives Nationales, série 01/1979). Ces quatre tableaux ne restèrent pas longtemps à leur place, puisqu'en 1760, on les retrouve au magasin de l'hôtel de la Surintendance. En 1767, ils étaient placés dans l'appartement de Madame Victoire à Versailles. En 1861, ils sont au musée national du Château de Fontainebleau, sous le nom de Restout (Engerand, 1901, pp.101-102). Ce musée s'en dessaisira, en 1964, en faveur du musée national du Château  de Versailles. Aujourd'hui, restaurés, ils sont dans les appartements de Louis XV au Château de Versailles. 

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260.
F. Engerand, 1901,pp. 101-102.
Archives Nationales : Séries O1/1921/B2; O1/1965; O1/1979.


N°35
HEBE RAJEUNISSANT IOLAS

Versailles, musée national du Château de Versailles.
Toile. H. 0,765 / L. 1,57

Inventaires : MV.8295; INV.7449; MR.2373

Historique : Tableau présenté au Salon de 1750 sous le numéro 30. Historique complet voir le N°34.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260.
F. Engerand, 1901, pp.101-102.
Archives Nationales : Séries 01/1921/B2; 01/1965; 01/1979.



N°36
BACCHUS CHANGE EN FEUILLES DE VIGNE LES OUVRAGES DES MINEIDES

Versailles, musée national du Château de Versailles.
Toile. H. 0,91 / L. 1,58

Inventaires : MV.8298; INV.7447; MR.2375

Historique : Tableau présenté au Salon de 1751 sous le numéro 12. Historique complet : voir le N°34.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260;
F. Engerand, 1901, pp.101-102.
Archives Nationales : Séries 01/1921/B2; 01/1965; 01/1979.                    


N°37
UNE DANSE DE NYMPHES QUI CHANGENT UN BERGER EN OLIVIER SAUVAGE


Versailles, musée national du Château de Versailles.
Toile. H. 0,935 / L. 1,50.

Inventaires : MV.8297; INV.7450; MR.2374.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1751 sous le numéro 13.
Historique complet : voir le N°34

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260
F. Engerand, 1901, pp.101-102
Archives Nationales : Séries 01/1921/B2; 01/1965; 01/1979.        


N°38
PORTRAIT DE COLLIN PERE


Historique: Tableau présenté au Salon de 1751 sous le numéro 15.


N°39*
PORTRAIT DE LEPICIE

Historique : Tableau présenté au Salon de 1751 sous le numéro 14.


N°40
HISTOIRE DE CYRUS
(2° Série de 12 esquisses nouvelles)

Historique complet : voir le N°18.


N°41*
NOCES DE THETIS ET DE PELEE

Toile.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1753 sous le numéro 15.Collin de Vermont avait déjà exposé au Salon de 1737 un tableau ayant ce même sujet (cf N°11).Un tableau traitant de ce sujet est répertorié dans l'inventaire après décès du peintre ; mais est-ce celui-ci ?

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 193O, t.II, p.260.         


N°42*
ALEXANDRE SERRE LES OUVRAGES D'HOMERE

Toile. Petit tableau.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1755 sous le numéro 21.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 193O, t.II, p.260. H.Bardon, Gazette des Beaux-Arts, 1963, pp.217-251.


                      

N°43
ALEXANDRE RESISTANT AU SOMMEIL

Toile. Petit tableau.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1755 sous le numéro 2O.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260.

Œuvre en rapport : Tableau gravé par Gaillard (1722-1790), estampe annoncée, dans les affiches annonces et avis divers du 6-10-1784 et dans le journal de Paris le 21-10-1784 ; prix 3 livres.

                                  
N°44
PRESENTATION DE LA VIERGE AU TEMPLE

Versailles, église Saint-Louis.
Toile signée et datée, H. 4,00 / L. 2,50.

Historique : Tableau commandé par Marigny, pour le Roi, en 1754, pour décorer le porte-autel de l'église neuve de Saint-Louis de Versailles. Ce tableau sera estimé à 4500 livres et cette somme sera payée en trois fois (Archives Nationales, série O1/1979).Tableau présenté au Salon de 1755 sous le numéro 19.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260.
Ch. Barthelemy, Revue de l'Art chrétien, 1875, pp.408-41.
Chamoine Gallet, 1897, pp.100-101.
F.Engerand, 1901, p.102-   103.
J. Levron, p.42.
Archives Nationales : séries:O1/1909; O1/1907; O1/1932;  01/1908/1; O1/1921/B2; O1/1934/A/2; O1/1979.

N°45*
UN CHRIST MORT

Toile. Petit tableau.

Historique : Tableau présenté au Salon de 1755 sous le numéro 22.           



N°46*
UNE ADORATION DES MAGES

Historique : Tableau présentée au Salon de 1759 sous le numéro 9.Un tableau ayant le même sujet est mentionné dans l'inventaire après décès du peintre .Mais est-ce le même? Diderot dans ses compte-rendu sur le Salon de 1759 écrivit à propos de Collin de Vermont :" De Collin de Vermont il y a une mauvaise adoration des Roix. Le tableau est dans l'église de Saint-Louis de Versailles". Diderot indique que ce tableau  était accroché dans l'église Saint-Louis de Versailles, mais aucun document ne confirme cette indication.

Bibliographie : J. Messelet in L. Dimier, 1930, t.II, p.260.
D. Diderot, 1957, t.I, p.40 P.64




                                                                                                                     Yves MALRIN

CATALOGUE NON-CHRONOLOGIQUE DE L'ŒUVRE PEINT
DE HYACINTHE COLLIN DE VERMONT
PAR
YVES MALRIN


N°47
Mariage mystique de Sainte Catherine
Musée des Beaux Arts de  Lyon    
H. 0.60 / L. 1.36       
Bibliographie :          J.Ruiz & M.Laclotte Petits et grands musées de France école française, Paris, 1962.
J.Messelet in L. Dimier. Les peintres français du XVIII° siècle. Paris, II, 1950.


N°48
La visitation
Chapelle des Ursulines de Québec

N° 49/ 50/ 51/ 52/ 53/
Cinq tableaux pour Saint Jean en Grève Pour le tour du chœur
Vers 1733

N°49*            
Naissance de Saint Jean
                      
N°50*
Le baptême du Christ

N°51*
Saint Jean en prison                                  

N°52*
Son supplice

N°53*
Présentation de sa tête à Hérode

Notes : Trois dessins au Cabinet des Dessins du Louvre :
-Naissance de Saint-Jean Baptiste            
-Le baptême du Christ       
-Le martyre de Saint-Jean

Tableaux confirmés par Dezallier dans son édition de "Paris pittoresque" de 1749

Bibliographie : L. Dimier : Les peintres français du XVIII° siècle, histoire des vies et catalogues des œuvres, 1950, Bruxelles
Dezallier D'Argenville, Voyage pittoresque de Paris, ed. 1749.


N°54*
La Manne
Avant 1749  
Notes: Pour le vestibule de la chapelle de Saint Jean en Grève

Bibliographie : L. Dimier : Les peintres français du XVIII° siècle, histoire des vies et catalogues des œuvres, 1950, Bruxelles
Dezallier D'Argenville, Voyage pittoresque de Paris, ed. 1749.


N°55*
Saint Jean et Sainte Madeleine
Avant 1749
Pour le réfectoire de Sainte-Croix de la Bretonnerie

Bibliographie :          L. Dimier : Les peintres français du XVIII° siècle, histoire des vies et catalogues des œuvres, 1950, Bruxelles
Dezallier D'Argenville, Voyage pittoresque de Paris, ed. 1749.


N°56*
Moïse légiférant la Manne
Vers 1738
Pour les Capucins du Palais Royal

Notes : confirmé‚ par Dezallier d'Argenville ; "Paris pittoresque", 1749.
Bibliographie:           Dezallier d’Argenville, "Paris pittoresque" 1749.


N°57
Scène biblique
Toile, H. 0,97  / L.1,25        
Collection particulière

Notes: Tableau passé en vente à l'Hôtel Drouot le 28 02 1979
           

N°58*
Miracle des pains et poissons
Provenance:  Saint-Denis

Bibliographie : B.S.H.A.F. 1976


N°59
Le mariage des parents de Moïse
Musée de Tours
H. 0,535 L. 0,65

Inventaire:    D986-1-1

Provenance : Musée du Louvre

Notes :            Legs de Pomme Mirimonde


N°60*
Festin des Dieux
2 pieds et 1 pouce H/ 3 pieds 2 pouces L

Provenance:  Vente Blondel de Gagny 1776


N°61*
Moïse foulant aux pieds de la couronne de Pharaon
Toile sur toile
11 pouces de H. / 13 L. / 6 lignes

Provenance:  Vente Audran 1772


N°62*
Esquisse de la présentation au temple pour la chapelle de la Vierge de l'Eglise Saint Louis de Versailles.
           
Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°63*
Saint Michel
Petit tableau

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°64*
Lutte de Jacob contre l'ange

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°65*
Angélique et Médor

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°66*
Deux études de tête

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°67*
Deux études de quatre têtes
Toile sur toile

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°68*
Vierge et enfant Jésus copie d'après Corrège par Vermont
Tableau carré

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°69*
Portrait d'un homme en cuirasse et croix de Saint Louis

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°70*
Une femme appuyée sur sa main

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°71*
Apollon et les Muses

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.

N°72*
Huit études de têtes peintes sur carton  copiées d'après Rubens par  Vermont

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°73*
Portrait d'un vieil d'homme

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°74*
Esquisse d'un repas

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°75*
Alexandre renfermant dans une cassette un papier.

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°76*
Une charité romaine
Toile de 40

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


 N°77*
Alexandre dormant
Toile sur toile … huile
Format moyen         

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°78*
Alexandre recommandant le secret
Toile de 30 … huile

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°79*
La maladie de Séleucus
Toile … huile

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


80*
Massacre des Innocents
Toile de 40 … huile

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°81*
Présentation au temple
Toile sur Toile

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°82*
Un crucifiement commencé

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°83*
Esquisse d'une nativité

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°84*
Esquisse de la Manne au désert   

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


N°85*
Esquisse de Cléopâtre aux pieds de Jules César

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.
                                  

N°86*
Esquisse du mariage d'Alexandre

Inventaire après décès de Collin de Vermont 14-11-1761.


*Les astérisques signalent les œuvres disparues.

                                                                                                         Yves MALRIN


CATALOGUE DES DESSINS DE HYACINTHE COLLIN DE VERMONT
PAR
YVES MALRIN

N°87
Repos de Diane
Cabinet du Louvre
Sanguine, rehaussé de gouache, sur papier bistre.
H. 0,349 / L. 0,475
Inventaire : Louvre N° 25261
Provenance : Saint-Morys : saisie des Emigrés

N°88
Mercure dérobant le carquois d’Apollon
Cabinet des dessins du Louvre
Plume, lavé de bistre, rehaussé de gouache, sur papier bistre
H. 0,365 / L. 0,275
Inventaire : Louvre N° 25262

N°89
Mort de la femme de Darius
Cabinet des dessins du Louvre
Sanguine, lavé de bistre, rehaussé de gouache, sur papier de bistre
H. 0,348 / L. 0,479
Inventaire : Louvre N° 25260

N°90
Naissance de Saint-Jean Baptiste
Avant 1749
Cabinet des dessins du Louvre
Crayon noir, lavé de bistre, rehaussé de gouache
H. 0,123 / L. 0,183
Inventaire : Louvre N° 25265

N°91
Le baptême du Christ
Avant 1749
Cabinet des dessins du Louvre
Crayon noir, lavé  de bistre, rehaussé de gouache
H. 0,123 /  L. 0,182
Inventaire : Louvre N° 25267

N°92
Martyre de Saint-Jean
Avant 1749
Cabinet des dessins du Louvre
Plume, lavé  de bistre, rehaussé de gouache
H. 0,123 / L. 0,183
Inventaire : Louvre N° 25266

N°93
Annonciation
1740
Cabinet des dessins du Louvre
Crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier gris
H. 0,404 / L. 0,253
Inventaire : Louvre N° 25264

N°94
La mise au tombeau
Cabinet des dessins du Louvre
Crayon noir, rehaussé de blanc, sur papier gris, verdâtre
H. 0,345 / L. 0,312
Inventaire : Louvre N° 25257

N°95
Académie
Cabinet des dessins du Louvre
Sanguine
H. 0,543 / L. 0, 372
Inventaire : Louvre N° 25258

N°96
Académie
Sanguine
H. 0,375 / L. 0,372
Inventaire : Louvre N° 25259

N°97
Académie
Cabinet des dessins du Louvre
Plume (collection Crozat)
H. 0,350 / L. 0,503
Inventaire : Louvre N° 25263

N°98
Alexandre au tombeau d’Achille
Pierre noire et traces de gouache
H. 0,264 / L. 0,392
Provenance : Collection Hédou (Lugt 1253)

N°99
Une académie : sujet : homme assis de face
Sanguine
Vente Huquier 1772

N°100
Deux figures d’hommes
Desseins
Vente Cayeux 1769

N°101
Narcisse étendu mort au bond de la fontaine
Sanguine
Vente Louis Dimier, 1925

N°102
Composition au pinceau
Dessin au bistre relevé au blanc
Vente Kaieman, 1858

N°103
Deux académies
Sanguines
Vente Mariette, 1775

N°104
Jésus au milieu des docteurs
Vente Lempereur, 1773

N°105
La flagellation
Vente Lempereur, 1773

N°106
Deucalion et Pyrrha
Vente Lempereur, 1773


                                                                                                                     Yves MALRIN

CHRONOLOGIE DETAILLEE DE COLLIN DE VERMONT
1693-1761
PAR
YVES MALRIN

19.01.1693 : Naissance de Hyacinthe Collin de Vermont  à Versailles (Registre de baptême de la Paroisse Notre Dame ; Archives municipales de Versailles).

21.01.1693 : Baptême de Hyacinthe Collin de Vermont en l'église paroissiale de Versailles. Le peintre             Hyacinthe Rigaud sera son parrain (Archives Nationales, Minutier Central, LIII, N° 301).

06.04.1715 : "L'Académie a examiné les esquisses de quelques Etudiants que Messieurs les Officiers en exercice leur ont donné à exécuter sur le champ. Après les avoir  veues,  l'Académie a résolu que Boutilliers, Collin, Grandon, Wamps, Peintres commenceroient à travailler pour avoir finy leurs ouvrages de peintures le dix(e) juin inclusivement, à l'effet de quoy Mr le Directeur leur donnera le sujet" (Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculpture,  t. IV,  pp. 199-200) (1).

31.06.1715 : Jugement des Grands prix : Judith acclamée par le peuple (N°1) (2)*. " Collin qui a fait le tableau marqué "G" a mérité le second prix " (Procès-verbaux ..., t. IV,  p. 208).

21.03.1716 : Collin de Vermont obtient son brevet d'élève à l'Académie de France à Rome (Correspondance des Directeurs de l'Académie de France à Rome avec les Surintendants des Bâtiments,  t. IV,  p. 470) (3).

24.03.1716 : Collin de Vermont est envoyé à Rome par ses supérieurs (Correspondance des Directeurs ..., t. IV, p. 472).

12.05.1716 : Arrivée de Collin de Vermont à Rome, avec Bonvillers, Raymon, Saussard. Voyage par Marseille et Civita Vecchia (Correspondance des Directeurs ..., t.V, pp. 1-2).

14.07.1716 : Poerson, Directeur de l'Académie de France à Rome, est content de ses élèves: "Collin est un bon sujet" (Correspondance des Directeurs..., t. V, p. 19).

04.08.1716 : "Collin et Bonvillers sont remis de la fièvre"... "Ce sont les deux meilleurs Sujets qui aient esté à l'Académie depuis douze ans. Tant pour l'amour qu'ils ont pour leur profession, que pour la bonne éducation " (Correspondance des Directeurs..., t. V, p. 19).

20.07.1717 : "Les Sieurs Bonvillers et Colin, Peintres, font chacun un tableau d'invention pour essayer leur génie et commencer de mettre en pratique les études qu'ils ont faites et qu'ils continuent de faire tant d'après l'Antique que sur le naturel où ils sont très réguliers" (Correspondance des Directeurs..., t. V, p. 89).

31.08.1717 : "... depuis 14 ans que je suis à Rome je n'ai point eu de jeunes gens si également sages ni d'une si bonne conduite "... "Le Sr Colin, aussy peintre a plus de flegme mais un goût assez juste, imite bien et pourra acquérir une science solide" (Correspondance des Directeurs..., t. V, p. 96).

28.02.1719 : "Le Sr Colin, qui est aussy très sage et d'une belle éducation a gagné particulièrement les bonnes grâces de son Eminence M.le Cardinal de la Trimouille, qui lui a procuré un avantage que personne n'avoit pu obtenir depuis maintes d'années ; c'est, Monseigneur, de copier dans la fameuse Galerie du Prince Dom Livio, qui est celle que M. Crozat a marchandé lorsqu'il vint à Rome. Ce Prince ayant un attachement et vénération infinie pour son Eminence, lui a fait ce plaisir, qu'il constamment refusé à tous ceux qui lui ont demandé" (Correspondance des Directeurs..., t. V, p. 208).

11.02.1721 : "Collin élève pour la peinture est parti pour Venise" (Correspondance des Directeurs..., t. VI, p. 17).

27.10.1724 : "Le Sieur Hyacinthe Colin de Vermont, Peintre, né à Versailles, a fait apporter plusieurs tableaux pour supplier l'Académie le vouloir admettre dans la Compagnie, laquelle après avoir pris les suffrages par les fèves a agréé sa présentation. Il recevra de Monsieur de Boullongne, Directeur de l'Académie, et fera voir son esquisse dans un mois sur son sujet" (Procès-verbaux..., t. IV, p. 384).

03.03.1725 : Collin de Vermont est agrée à l'Académie sur une présentation d'une Naissance de Bacchus. "Monsieur Collin a aporté l'esquisse du tableau qui lui a été ordonné pour sa réception, laquelle représente : la Naissance de Bacchus ; l'Académie l'a agrée à la pluralité des voix, et lui a donné six mois pour l'exécution du tableau "(Procès-verbaux..., t. IV, p. 392).

29.12.1725 : Hyacinthe Collin de Vermont est reçu comme Peintre d'Histoire à l’Académie."Réception de Collin.-Après, Monsieur Hyacinthe Collin, de Paris, peintre pour l'Histoire, a présenté à la Compagnie un tableau représentant la Naissance de Bacchus (N°2), qui lui avoit été ordonné pour sa réception ; il a été reçu par les fèves à l'ordinaire, et son présent pécuniaire modéré de même à cent francs, et a ensuite prêté serment entre les mains de Monsieur de Boullongne" (Procès-verbaux..., t. IV, p. 406).

1727 :            Il habite chez Mr. Ollier, rue du Grenier Saint-Lazare à Paris (A. Jal, 1867, p. 1255).                     

 1727 :           Il participe au concours du Duc d'Antin sur présentation
-Antiochus amoureux de sa maîtresse.

28.11.1733 : Il est nommé Professeur-adjoint à l'Académie (Procès-verbaux ..., t. V, p. 127).

1735 :                        -Annonciation de la Vierge 
-Présentation de Jésus au temple
pour  les Capucins du Marais, Paris         

1736 :                        -Une Descente de Croix               

1736 :                        -Deux tableaux sur l'histoire de Télémaque  

1737 :            Il déménage pour la rue Platrière, toujours à Paris.
                      
Il présente au Salon:                 
                       -Descente de croix                                   
                       -Jugement de Salomon                 
                       -Noces de Thétis et Pelée            
-Les Dieux qui coupent les ailes à l'Amour  pour l'empêche de
 remonter au ciel              
                       -La Maladie d'Antiochus             
                       -Adieux d'Hector à Andromaque                      
                       -Pyrame et Thisbé 
                       -Renaud et Armide
                       -Mort d'Adonis                  
                       -21 Esquisses sur l'histoire de Cyrus             

1740 :            Il présente au Salon :                     
                       -Roger et Alcine; carton pour la Manufacture des Gobelins                           -Annonciation & Déposition de croix, Eglise Saint-Merry,  Paris


02.07.1740 : Il est nommé professeur à l'Académie (Procès-verbaux..., t.V, p.275).           
1742 :                        -Eté               
                       -Automne

1743 :            Il présente au Salon :                     
                       -Assomption                      
                       -L'onction de l'évêque      

1745 :            Il présente au Salon :         
                       -Alexandre et Roxanne                 

            Il examine les ouvrages des aspirants peintres et graveurs (procès-verbaux..., t. VI, p. 156).
           
1746 :            Il présente au Salon :                     
                       -Auguste et Cléopâtre                  
                       -Auguste au milieu des Beaux-arts       

1747 :            Il participe au concours organisé par Lenormant de Tournehem, Surintendant des Bâtiments du Roi, sur la présentation d'un Pyhrus aux pieds du Roi Glaucias.

02.04.1748 : "La Compagnie a ordonné au Sr Loir pour sa réception de faire le portrait de M. Vermont" (Procès-verbaux..., t. VI, p. 28).  

1748 :                        -Education de la vierge                
Il fait parti du jury pour examiner les tableaux du Salon (Procès-verbaux..., t. VI, pp. 127-128).

1750 :            Il Présente au Salon :                     
                       -Une visitation                   
                       -Anacréon et l'Amour                  
                       -Philémon et Baucis                     
                       -Hébé rajeunissant Iolas 

1751 :            Il présente au Salon :                     
                       -Bacchus change en feuilles de vignes les ouvrages des Minéïdes                       -Une danse de nymphes qui change un berger en olivier sauvage
                       -Portrait de Collin père
                       -Portrait de Lépicié          
                       -Présentation au Salon de 12 nouvelles esquisses sur l'histoire
                       de Cyrus et 9 anciennes déjà présentées au Salon de 1737           

1753 :            Il Présente au Salon :                     
                       -Noces de Thétis et Pelée

28.07.1753 : Roslin est chargé d'exécuter le portrait de Collin de Vermont (Procès-verbaux..., t. VI, p. 355).

24.11.1753 :             Présentation de portrait de Collin de Vermont par Roslin à l'Académie (Procès-verbaux, t. VI, p. 369).

06.07.1754 : Il est nommé Recteur-adjoint à l'Académie Procès-verbaux..., t. VI, p. 391). 

1755 :            Il présente au Salon :                     
-Alexandre serre les ouvrages d'Homère                             
-Alexandre résistant au sommeil         
                       -Un Christ mort                 
                       -Présentation de La vierge au temple pour l'église Saint-Louis
de Versailles          

1759 :            Il présente au Salon :                     
                       -Adoration des Mages

29.11.1760 : Collin de Vermont malade reçoit chez lui une délégation de l'Académie : Van Loo et Coustou (Procès-verbaux..., t. VII, p. 150).

17.02.1761 : Il décède, chez lui, rue Platrière à Paris (A. Jal, p. 1255).

28.02.1761 : Annonce à l'Académie de la mort de Collin de Vermont, adjoint à recteur, le 16 février 1761, âgé de 66 ans et 10 mois ( Procès-verbaux..., t. VII, pp. 156-157).

02.05.1761 : Legs d'un portefeuille de Collin de Vermont de 131 dessins à l'Académie (Procès-verbaux..., t. VII, p. 164).

03.10.1761 : Carmona présente l'estampe de Collin de Vermont à l'Académie (Procès-verbaux..., t. VII, p. 178).

14.11.1761 : Vente après décès de Collin de Vermont.



                                                                                                                     Yves MALRIN


BIBLIOGRAPHIE
HYACINTHE COLLIN DE VERMONT
Par
Yves MALRIN

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                                                                                                                     Yves MALRIN                       


LISTE DES EXPOSITIONS CITEES EN ABREGE
PAR
YVES MALRIN

Paris, 1925 : Le paysage français de Poussin à Corot, catalogue par Henry Lapauze, Camille Gronkowski, Adrien Faucher-Magnon, Palais des Beaux-arts, ville de Paris, Juin 1925.

Paris, 1930 : Exposition Le Salon des artistes de 1737, Paris, Grand Palais, 1930, Dijon, 193O, catalogue par J. Magnin.

Paris, 1946 : Peintures méconnues des églises de Paris retour d'évacuation, musée Galliera, 1946, catalogue par J. Dupont et J. Litzelmann. Paris, 1956 : Trésor de l'art dans les églises de Paris, Paris la Sorbonne 1956.

Rouen, 1970 : Exposition Jean Restout, musée des Beaux-arts de Rouen, Rouen, 1970, catalogue par P. Rosenberg et A. Schnapper.

Rouen, 1970 : Choix de dessins anciens, Bibliothèque municipale de Rouen, juin-septembre 197O, catalogue.pd.

Paris, 1987 : 89° exposition du Cabinet des Dessins; Dessins français de Watteau à Lemoyne, Musée du Louvre 19 février - 1 juin 1987.


                                                                                                                     Yves MALRIN


Appendices

-MINUTES DU MINUTIER CENTRAL CONCERNANT LE PEINTRE HYACINTHE COLLIN DE VERMONT.

Etude LIII Maître Billeheu

LIII 257
1731, 11 Février
 Legs à … voir : Hiacinthe Rigaud  

LIII 275
1735, 29 Septembre
Mentionné comme légataire de tout ce qui concerne l'art de la peinture et les tableaux de Hiacinthe Rigaud, son parrain.

LIII 291
1739, 9 Mai
Quittance pour Hiacinthe COLLIN DE VERMONT, peintre du Roi et professeur en son Académie royale de peinture et sculpture, demeurant rue Plâtrière, paroisse de Saint-Eustache et Elizabeth Collin veuve de Jacques Fouquet, chef de fourrière du Roi, demeurant à Versailles, à François COLLIN DE BLAMONT leur frère, surintendant de la musique du Roi et Maître de musique de la chambre de Sa Majesté, demeurant à Versailles, Avenue de Saint-Cloud, d'une somme de 6.000 livres, que ce dernier leur avait empruntée pour les frais de l'acquisition de Maître de Musique de la chambre du Roi.

LIII 297
1741, 21 mars
Constitution par Guillaume Febvrier de la Bellomière prêtre du diocèse de Tours à Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du Roi et professeur en son Académie royale de peinture et sculpture, demeurant rue Plâtrière, de 120 Livres moyennant 2400 Livres.

LIII 301
1742, 4 Juillet          
Constitution viagère sur les aides et gabelles de 100 livres au principal de 11.000 livres au profit de Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du Roi et professeur en son Académie royale de peinture et sculpture, âgé de 48 ans, demaurant rue Plâtrière, paroisse de Saint-Eustache

Extrait baptistaire joint du registre de l'Eglise royale et paroissiale de Notre-Dame de Versailles : 1693, Fol.115.

Hiacinthe fils de Nicolas COLLIN, ordinaire de la musique du Roi et Jeanne Collette, sa femme, est né le 19ème jour de Janvier 1693 et a été baptisé le 21ème du même mois et an par moi prêtre soussigné, le parrain a  été Hyacinthe Rigaud, peintre ordinaire du Roi, la marraine Margueritte Collette femme de Michel de Prince, concierge des grandes Ecuries du Roy, qui ont signé
Signé : M Collette, H Rigaud, De Queraly.

LIII 303
1743, 27 Mars                    
Substitution de procuration par Marie Marguerite Colette, veuve de Ennemond Simard, demeurant rue Plâtrière, paroisse de Saint-Eustache, à Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire  du Roi et Professeur en son Académie royale de peinture et de sculpture, pour régler toutes les affaires relatives à la succession de COLLIN ancien officier ordinaire de la musique du Roi, décédé le 17 décembre 1742 (extrait mortuaire des registres  de la paroisse de Saint-Eustache)
Héritiers : François COLLIN DE BLAMONT, surintendant de la musique du Roi et Maître de la musique de la chambre de Sa Majesté.
Hiacinthe COLLIN DE VERMONT, peintre.
Elizabeth charlotte  COLLIN, veuve de Jacques Fouquet et Marie Françoise COLLIN, veuve de Jean-Baptiste Mouchot.
 A l'Etablissement de cette procuration est intervenu Hiacinthe Rigaud, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, ancien directeur de l'Académie de peinture et sculpture, demeurant rue Louis Legrand.

LIII 308
1744, 10 Avril
Constitution par la ville d'une rente de 100 livres, au principal de 2.000 livres au profit de Hyacinthe COLLIN DE VERMONT, peintre ordinaire et professeur en son Académie de peinture et de sculpture, demeurant rue Plâtrière.

LIII 310
1744, 24 septembre          
Constitution viagère au profit de Hiacinthe COLLIN DE VERMONT, peintre ordinaire du Roi et professeur en l'Académie royale de peinture et sculpture âgé de 50 ans passés, demeurant rue Plâtrière.
Extrait des registres  de baptêmes de Notre-Dame de Versailles ,1693 Fol. 115.: Hiacinthe fils de Nicolas COLLIN, ordinaire de la  Musique du Roi et Jeanne Collette, sa femme, né le 19 et baptisé le 21 janvier 1693.
Parrain : Hyacinthe Rigaud
Marraine: Margueritte Colette, femme de Michel Le Prince concierge des grandes Ecuries du Roi.                    


LIII 313
1745, 12 Juin                      
Déclaration par Catherine Laureau, veuve de Bernard Beaumont, Madame Chandelière privilégiée, suivant la cour et conseils du Roi, demeurant rue Neuve et paroisse de Saint-Merry, reconnait qu'elle-même et défunte Jeanne Laureau sa soeur, n'ont exercé ledit privilège qu'à la requête de Hubert François COLLIN DE BLAMONT colonel au régiment d'Heudicourt et depuis son décès pour le profit de Nicolas COLLIN son frère, ancien officier de la musique du Roi et depuis son décès pour le profit de François COLLIN DE BLAMONT surintendant de la musique du Roi et Maitre de la musique de la chambre de Sa Majesté ,de Charlotte COLLIN ,veuve Fouquet et de Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du roi et professeur de l'Académie. Elle reconnait que le magasin de la Rue Neuve Saint Merry et la fabrique sisse rue de Baffroy appartiennent aux trois enfants et héritiers de Nicolas COLLIN et de leur oncle Hubert François COLLIN. Les bénéfices de l'affaire appartiennent à la famille COLLIN; la veuve Beaumont est simplement nourrie logée ainsi que les ouvriers et reçoit 300 Livres d'appointement par an.

1753, 30 janvier
Consentement par Hiacinthe COLLIN DE VERMONT, au nom de tous les cohéritiers, à la vente dudit privilège par Catherine Laureau, veuve Beaumont, qui se retire à cause de son grand Age, au sieur des Ouches, Md chandelier, qui a payé les frais de régie et d'exploitation les baux et 1.000 livres de pot de vin à la veuve Beaumont qui a tout remis aux héritiers COLLIN.
C'est à leur tour, lui donnent 700 livres pour le privilège de Maitresse chandelière dont elle a reçu le don par le sieur H.COLLIN avant son décès, 600 livres sur le pot de vin de 1.000 livres.

LIII 316
1746, 1 Mars                       
Constitution sur la tontine de l'Edit de février 1745, d'une rente viagère de 416 Livres, au principal de 3900 livres.
Extrait Baptême joint

LIII 323
1748, 24 Juillet       
Quittance de remboursement par Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du Roi et professeur en son Académie, demeurant rue plâtrière, à Louis Ferrier, écuyer seigneur de Bellonière capitaine commandant de bataillon au régiment  de Champagne d'une somme de 2.400 livres pour le rachat d'une rente de 120 livres.            


LIII 344
1755, 18 Mars
Remboursement par Catherine Crespinet, veuve de Jean Baptiste Simbault, vigneron à Meudon, d'une rente de 30 livres moyennant 731 livres 1 sol à Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du Roi, adjoint à recteur à l'Académie et à sa famille représentée par Marie Marguerite Collette

LIII 346
1755, 18 Juillet       
Constitution au profit de Hiacinthe COLLIN DE VERMONT peintre ordinaire du Roi, adjoint Ö recteur, âgé de 60 ans passés, d'une rente viagère de 300 livres au principal de 3.000 livres.
                                  

LIII 348
1756 29 janvier      
Quittance et  décharge par François Beaudin, manouvrier et par Marie Madeleine Dutrou sa femme, à COLLIN DE VERMONT, peintre ordinaire du Roi, adjoint à recteur de son Académie royale de peinture et de sculpture et à dame Simard sa tante, des gages et effets de feu Philippe Beaudin domestique de COLLIN DE VERMONT.

                                                                                                                     Yves MALRIN



-MINUTES A PROPOS DE SON FRERE FRANCOIS COLLIN DE BLAMONT SUR-INTENDANT DE LA MUSIQUE DU ROI

Documents du Minutier central concernant l'histoire de l’art. Imp. 1964 -B.N. .8.1.1727 Fr. Collin de Blamont
Constitution par Fr. Collin de Blamont Sur-Intendant de la Musique du Roi demeurant ordinairement Av. de St Cloud à Versailles de 400 livres de rente principale de 8000 livres au profit de Marie Louise de Curry veuve de Michel Richard Delalande et tutrice de Marie Michelle Delalande, sa fille mineure, pour s'acquitter des 8000 livres montant des assurances sur la charge de Maitre de Musique de la chambre du Roi dont Michel Richard Delalande était pourvu par brevet royal du 12.2.1695 et dans lequel le Sieur Collin de Blamont a été admis de lui succéder .
Fait en présence de Elizabeth Charlotte Collin veuve de J. Fouquet Chef des courriers du Roi, demeurant Versailles et Hyacinthe Collin de Vermont Peintre de l'Académie Royale, demeurant rue du Grenier St Lazare qui se porte caution de leur frère.

FICHIER LABORDE : LETTRE "C" : COLIN DE BLAMONT (Frère de Hyacinthe Collin de Vermont) Aujourd'hui 31 mai 1728, le Roi étant à Versailles, le Sieur Collin de Blamont, l'un des Sur-Intendant de la musique de sa chambre a très humblement représenté à sa Majesté, qu'elle a eu la bonté de lui accorder après le décès du Feu Sieur de la Lande une des charges de Maitre de Musique de la Chambre de sa Majesté dont il était pourvu à condition de payer à la veuve et à la fille du Feu Sieur de la Lande un brevet d'assurance  de ( ) 111 3h que ( sa Majesté ) qui avait accordé sur sa charge et comme cette somme tomberait en pure perte pour sa famille si il venait à décéder, il suppliait sa Majesté de lui faire la même grâce . A quoy ayant égard sa Majesté  a déclaré et déclare veut et entend qu'en cas de décès, le décès  de Sr Collin de Blamont vienne a se démettre ou a décéder en possession de la charge de Maître de Musique de la chambre de Roi, celui qui verra agréer pour la remplir soit tenu de payer comptant la somme de 4000 livres à Hyacinthe et Elizabeth Collin ses frères et soeurs dés qu'il a emprunté et pour rembourser en partie le brevet d'assurance de 8000 livres à la Dame De La Lande et veut et ordonne sa Majesté qu'en cas le Sieur Collin de Blamont ait de son vivant acquitté le tout ou partie de la somme de 4000 livres elle appartienne ou qu'il s'en trouvera libre à luy sa veuve, enfants, ou héritiers voulant aucune provision de la charge. Secrétariat du Roi.

                                                                                                                     Yves MALRIN

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